Cycle
"Ecouter-voir Johan van der Keuken, une promesse de cinéma"

Les courts métrages Beppie, L’enfant aveugle, Herman Slobbe et Les vacances du cinéaste du cinéaste néerlandais Johan van der Keuken seront accessibles dès cet été dans leur version audiodécrite.
Les films peuvent être programmés lors de séances inclusives ou à l’occasion d’ateliers de sensibilisation de durées et de formes variées (atelier de découverte sensible, atelier de pratique ou de réalisation audiodescriptive, format « à la carte »…).

Un projet porté par Documentaire sur grand écran avec l’association Le Cinéma parle et mis en œuvre par Marie Diagne.

Cette proposition entre dans le cadre du Mois du film documentaire, novembre 2022, manifestation coordonnée par Images en Bibliothèques.

"La version audio décrite d’un film place chaque spectateur, doté de ses yeux du dedans ou de ses yeux du dehors, au cœur de l’œuvre. Elle oblige à mettre immédiatement en relation l’émotion ressentie et la démarche d’un auteur. Le Cinéma Parle invite à découvrir ces enjeux méconnus du dispositif audiodescriptif. Il propose différents ateliers qui déclinent l’apport déterminant de ce dispositif en matière de transmission du geste créatif de Johan van der Keuken".

Marie Diagne, Le Cinéma Parle

Percevoir autrement le geste du cinéaste Johann van der Keuken. La version audiodécrite des films, une promesse de cinéma (1)

« Quels dispositifs sommes-nous capables de mettre en œuvre pour partager une expérience esthétique, qui est, ici, une expérience de cinéma ?
La version audiodécrite ouvre un riche horizon à cette question.
D’une part, parce qu’elle offre une possibilité inédite de renouveler les modes de la transmission du cinéma. Elle permet, en elle-même, de rendre compte d’une démarche artistique, tout en évitant l’écueil auquel on se heurte lorsqu’on se met en position de commentaire d’une œuvre. Elle nous place immédiatement au cœur du film, et convoque notre part sensible pour saisir un autre regard que le nôtre posé sur le monde, et le transmettre strictement.
D’autre part, parce que la version audiodécrite annule la seule référence négative de la carence imposée par une situation de handicap, au profit d’une valeur positive : le plaisir du cinéma peut se partager ; nos perceptions et nos sensibilités peuvent se côtoyer et se reconnaître. Nous avons tous quelque chose en commun, et cela s’appelle : le Sensible.
Ainsi la version audiodécrite des films favorise-t-elle la rencontre collective avec une œuvre, dans le respect de la perception de chacun. Elle est, essentiellement, un dispositif inclusif de transmission du cinéma ».
Marie Diagne, Le Cinéma Parle (2)

Six propositions pour transmettre le geste du cinéaste Johan van der Keuken

La version audiodécrite d’un film place chaque spectateur au cœur de l’œuvre cinématographique. Elle oblige à mettre immédiatement en relation l’émotion ressentie et la démarche d’un auteur. Le Cinéma Parle propose de découvrir comment ces enjeux méconnus du dispositif audiodescriptif revisitent le geste de cinéma singulier de Johan van der Keuken.
Ci-dessous un ensemble de six propositions qui déclinent l’apport déterminant de ce dispositif en matière de transmission de l’œuvre du cinéaste néerlandais. Ils convoquent chacun les principaux maillons de la chaîne de création d’un film. Ils forment le squelette d’une proposition à moduler ensemble.

L’atelier de pratique audiodescriptive
Dans l’atelier, les participants, mal, non ou « bien » voyants, réalisent en collaboration la version audiodécrite d’une séquence de l’un des courts métrages du programme Keuken.
Inscrits dans une dynamique collective, ils mettent en commun leur expérience sensible. Ils découvrent par la pratique, dans le respect de leurs perceptions, ce dispositif d’accessibilité. Ils écrivent et calent leur description. Ils interprètent en direct. Ils commentent le résultat de leur travail. Ils questionnent la relation qu’un spectateur déficient visuel peut entretenir avec le cinéma. Ils s’interrogent sur la richesse de réunir des publics aux perceptions sensorielles différentes dans une même salle et sur la notion d’inclusion par l’art.
A partir de 8 ans
Durée  : de 2 h 30 à 4 h

L’atelier de découverte sensible
L’atelier de découverte sensible est un espace de partage que Le Cinéma Parle met en œuvre afin de découvrir par l’expérience les enjeux du dispositif audiodescriptif.
Il s’agit non seulement d’interroger cette singulière manière d’écrire le cinéma dans le choix des mots, la construction des phrases. Mais aussi de questionner l’interprétation et le calage du texte sur la bande son (montage, mixage).
À partir de différents fragments choisis dans les films du programme Keuken, et dans l’échange avec les autres participants, chacun éprouvera les différentes étapes de la réalisation d’une audiodescription et évaluera quels pourraient être les éléments incontournables d’une version audio décrite réussie.
A partir de 8 ans
Durée  : de 2 h 30 à 4 h

Le film sonore
En quoi l’expérience sonore d’un film avec l’oreille d’un auteur de version audiodécrite révèle-t-elle le projet d’une œuvre de cinéma ?
A travers l’écoute sensible de fragments tirés des quatre films de ce “Programme Johan van der Keuken”, on mettra en évidence cette entrée décisive dans l’audiodescription.
A partir de 16 ans
Durée  : 4 h

Le film, une bande de sons montés sur une bande d’image
Qu’y-a-t-il sur l’image que le son ne permet pas, à lui seul, de percevoir ? Cette posture singulière de l’auteur de version audiodécrite rend palpable le dialogue du son avec l’image d’un film.
A travers le visionnement de fragments tirés des quatre films de ce “Programme Johan van der Keuken”, on on découvrira comment l’audiodescription met à jour le dialogue entre le son et l’image.
Durée  : 4h

Monter et mixer la parole descriptive pour saisir le projet de cinéma
Ce troisième module interroge par l’expérience le dialogue du son avec l’image d’un film. Il se met en œuvre sur un fragment tiré de l’un des quatre films de ce “Programme Johan van der Keuken”
Les participants à l’atelier visionnent un film de court métrage dans son intégralité. Puis, ils découvrent en binômes le fragment proposé à la mise en œuvre de l’atelier d’une part, sa voix descriptive d’autre part.
Dans le respect de la démarche du réalisateur, ils montent la voix descriptive sur la piste son du film, puis mixent. La version ainsi audiodécrite du fragment est visionnée et questionnée.
Durée  : 4h

L’écriture du scénario “à rebours”
En quoi l’expérience visuelle d’un film avec l’œil d’un auteur de version audiodécrite fait-elle surgir les intentions du réalisateur au moment de l’écriture de son scénario ?
Le module permettra de remonter dans le processus de création du film au moment où, dans l’écriture visuelle et sonore du scénario, le cinéaste fait des choix.
Durée  : 4h

(1) Les propositions qui suivent font partie d’un ensemble conçu par Le Cinéma Parle : “L’Atelier, ou La version audiodécrite des films, Un dispositif inédit de transmission inclusive du cinéma”. Toute représentation partielle ou totale devra faire l’objet d’une autorisation auprès de Documentaire sur grand écran ou du Cinéma Parle.
(2) Marie Diagne est réalisatrice de versions audiodécrites. Elle est engagée depuis vingt-cinq ans dans la transmission du cinéma.

Nous restons disponibles pour les questions relatives aux conditions matérielles de diffusion de l’audiodescription, et pour imaginer ensemble la forme et les modalités que prendraient l’accompagnement de la séance et un éventuel atelier.

Partenaires

Organisateur

Documentaire sur grand écran | Le Cinéma parle

Intervenants

En présence de Marie Diagne (audiodescriptrice) .

Films

Beppie
Johan Van Der Keuken
Pays-Bas, 1965, 38’ / 16 mm, Beta SP, DCP, DVD
Beppie a dix ans. Issue d’un milieu ouvrier, c’est une vraie gamine d’Amsterdam, drôle, pleine d’esprit. Spontanée, elle raconte pendant plusieurs mois ses aventures au cinéaste qui la suit dans sa vie quotidienne.
Distribution : Documentaire sur grand écran
L’Enfant aveugle
Johan Van Der Keuken
Pays-Bas, 1964, 24’ / 35 mm, Beta SP, DCP, DVD, Blu-Ray, Fichier numérique
’’L’enfant aveugle’’ révèle un monde difficile à imaginer : une lutte continue pour rester en contact avec la réalité. Pour rendre compte d’un tel handicap au quotidien, Johan van der Keuken trouve des équivalences formelles, soutenues par une bande son inventive.
Distribution : Documentaire sur grand écran
Herman Slobbe
Johan Van Der Keuken
Pays-Bas, 1966, 29’ / 16 mm, Beta SP, DCP, DVD, Fichier numérique
Herman Slobbe est un jeune garçon aveugle que Johan van der Keuken avait rencontré deux ans plus tôt au cours du tournage de son précédent film sur la cécité L’Enfant aveugle (1964). Le réalisateur filme ses déambulations et la confrontation de l’adolescent avec le monde extérieur.
Distribution : Documentaire sur grand écran
Les Vacances du cinéaste
Johan Van Der Keuken
France, Pays-Bas, 1974, 39’ / 16 mm, Beta SP, DVD
Un petit village de l’Aude, ses habitants, leurs joies, leurs souffrances et la caméra en liberté du cinéaste en vacances qui saisit ces moments intermittents qui, dans le souvenir qu’on en garde, ressemblent si fort au bonheur.
Distribution : Documentaire sur grand écran