Wadi 1981-1991
Amos Gitaï
France, Israël, Italie, 1981, 97 min / Couleur

Wadi 1981-1991, Amos Gitaï, France, Israël, Italie, 1981, 97’

Synopsis

Wadi signifie vallée en arabe. Le Wadi Rushmia est situé à l’est de Haïfa en Israël. Jusqu ’à la fin du mandat britannique, cette vallée était une carrière. Elle est depuis 1948, le lieu de refuge de diverses familles juives et arabes.

Wadi est une vallée au cœur de Haïfa où vivent dans une coexistence fragile, des immigrants juifs d’Europe de l’est rescapés des camps et des familles arabes expulsées de chez elle. En 1981, Amos Gitaï y filme l’histoire intime de Yussuf et Isha, Iso et Salo, Miriam et Skander, une famille arabe, une famille juive et un couple mixte, ensemble dans ce lieu isolé et perdu. La fragilité de leurs souvenirs reflète celle de leurs conditions de vie.
Dix ans plus tard, en 1991, Amos Gitaï retourne sur le site. Les conditions de vie se sont détériorées et de nouveaux immigrants venus de Russie sont venus y habiter.

À propos du film

« S’il fait de Wadi la synecdoque d’un possible vivre-ensemble entre Israéliens et Palestiniens, Amos Gitai ne perd jamais de vue l’individu. Son écoute attentive fait de la trilogie une chronique affectueuse basée sur les liens parfois intimes qu’il a créés avec ceux qu’il revient voir. » Charlotte Garson
«  Le cinéma documentaire connaît ce dispositif qui consiste à revenir sur ses pas, filmer le temps qui a passé, enregistrer les traces de ce qui a changé et les marques de ce qui est resté. Gitai lui-même l’a fait, avec "La Maison" et "Une maison à Jérusalem". Mais Wadi, devenu Wadi Grand Canyon avec son troisième épisode, est différent. Parce que la durée est, en Israël, une denrée stratégique, presque un secret militaire. Imaginairement, donc politiquement, tout semble toujours se jouer dans la minute, dans une urgence sans passé ni futur, comme si le "jeune État" était né hier, comme si chaque instant inventait son modèle idéologique - avec comme seuls horizons historiques la geste légendaire du sionisme et l’horizon noir de la Shoah. Mais l’histoire d’Israël est déjà une longue histoire, jour après jour, celle des malheureux qui la subissent. Rien de moins évident, dans un environnement tout entier animé du fantasme du contrôle, de la conquête, de l’initiative qui sans cesse balaie les ennemis innombrables, défait le désert, vainc les malédictions antiques, etc. Enregistrer le temps long, aux côtés de ceux, ni mystiques, ni guerriers, ni pionniers, qui n’ont rien décidé, rien maîtrisé, les non-militants, est dans ce cadre-là le plus radical des pas de côté. Ecouter les mots, les intonations, les changements de langues et d’accents, les silences, capter les postures, les regards, les rides sur les visages et sur la pierre, est un geste d’un courage intense et modeste, et qui engendre la lumière. Faire du cinéma, art du temps et de l’enregistrement, dans cette région du monde où les médias audiovisuels, qui sont le contraire, connaissent leur taux de concentration le plus élevé, devient par nature un travail critique d’une puissance extraordinaire. Avec Wadi, Gitai, qui n’est pas naturellement du genre à se laisser faire, laisse le monde lui montrer le chemin.  »
Jean-Michel Frodon, in "Amos Gitai. Israel, Images, Diaspora", A. Tochigi and T. Fujiwara ed., 2003, FilmArt, Tokyo.
Aussi à notre catalogue : Wadi Grand Canyon

Générique

Titre

Wadi 1981-1991

Réalisateur

Amos Gitaï

Image

Jorge Gurvitch
Yakov Saporta
Yosi Wein
Nurith Aviv

Son

Ashi Milo
Eli Yarkoni
Amos Zipori

Montage

Ifat Feinberg
Anna Ruiz
Solveig Nordlund

Production

Arte France
Agav Films
Amos Gitaï

Distribution

Documentaire sur grand écran

Pays

France, Israël, Italie

Année

1981

Distinctions

"Wadi"
Berlin International Film Festival / Berlinale 1982
Rotterdam International Film Festival 1982

"Wadi 10 ans après"
Florence : Festival dei popoli 1991 - Prix du meilleur documentaire