Philippe Sollers, l’isolé absolu
André S. Labarthe
France, 1998, 52 min / Couleur

Philippe Sollers, l’isolé absolu, André S. Labarthe, France, 1998, 52’

Synopsis

Filmé à l’île de Ré, à Venise et à New York, Philippe Sollers poursuit avec André S. Labarthe un dialogue inattendu où l’écrivain montre une facette très différente de sa personnalité. Centré sur l’écriture, dans des lieux de solitude, ce portrait dégage une image insolite de l’écrivain.

À propos du film

"Voici le plus reconnu et le plus combattu, le plus sollicité et le plus secrètement haï, le plus turbulent et le plus gênant, le plus incontrôlable donc le plus intolérable, bref le moins localisable des écrivains contemporains. Qui est Philippe Sollers ? Prenons un livre et suivons les lignes." Commentaire de Jean-Claude Dauphin.
"J’aurai beau faire, dire n’importe quoi, dans le film que nous sommes en train de faire ensemble, jamais je ne pourrai te convaincre que ma voix ne sort pas de mon corps. Elle est en train, ma voix, de sortir à jamais de mon corps, à jamais, je suis damné dans ce film comme ça. Parce que si je te dis que c’est mon corps qui se manifeste en fonction de ma voix, c’est rigoureusement improbable, ce n’est pas enregistrable et j’ai l’air fou." Philippe Sollers
 
"Avec Sollers, l’isolé absolu, André S. Labarthe a approché au plus juste “le plus reconnu et le plus combattu, le plus sollicité et le plus secrètement haï, le plus turbulent et le plus gênant, le plus incontrôlable et donc le plus intolérable, bref, le moins localisable des écrivains contemporains.” Un Sollers inédit, délibérément filé hors les murs et à contre-courant. Loin de l’imagerie convenue, pléthorique, de la scène parisienne et spectaculaire, inépuisable terrain d’observation sociale. Peu d’éléments d’archives, hormis quelques photos et deux extraits significatifs où Philippe Sollers déploie son Paradis saisi frontalement par Jean-Paul Fargier en 1983.
L’écriture, la littérature, le style sont au centre du propos de ce film inscrit dans la fluidité d’une triade lumineuse entre Sud-Ouest, Ouest et Sud. Constante mentale où l’œuvre de Sollers prend sa respiration, géographie intime et lieux d’intimes convictions - “Nager dans l’encre… être à la mesure de l’eau ; lorsque le souffle, et le poignet, et la main, le vent et l’eau sont à égalité”. L’île de Ré, ancrage familial ; New-York, fréquentée depuis plus de vingt-cinq ans, où le temps dérive “en particules accélérées” ; Venise enfin, cette cité “toute entière conversation sacrée” où Sollers a débarqué à l’automne 1963.
Une rencontre musicale, joueuse, éveillée, émargée de silences communs. Complice à bonne distance, Labarthe y campe “le type au chapeau”, trimballant en fil rouge une vache contrapuntique (symbole de l’anecdotique, de l’artifice participant du spectacle). Tout au long du tournage (de juillet à décembre 1997), à l’écart du travail filmique, Patrick Messina s’est lové dans les replis de cet échange “ avec une souplesse assez étrange”, relèvera Sollers. “Je ne me suis jamais fait photographier comme Messina l’a fait. Avec André, avec Patrick, on s’est mis ensemble dans la situation d’une expérience clandestine et on a pris tout le temps nécessaire.” Illustration de cette équipée singulière à travers son inventaire photographique ; scandé par les dialogues, extraits ou en marge du film entre l’écrivain et le cinéaste." Valérie Cadet in “Bataille, Sollers, Artaud” Filigranes Editions 2002
 

Générique

Titre

Philippe Sollers, l’isolé absolu

Réalisateur

André S. Labarthe

Image

Jean-Claude Ducouret

Son

François De Morant
Vincent Blanchet

Montage

Didier Wandewattyre

Distribution

Documentaire sur grand écran

Pays

France

Année

1998