One + One
Jean-Luc Godard
France, 1968, 96 min

One + One, Jean-Luc Godard, France, 1968, 96’

Synopsis

1968, les Rolling Stones entrent à nouveau en studio et improvisent. Au fil des sessions naît un morceau, « Sympathy for the Devil ». Entre deux répétitions, des Black Panthers lisent LeRoy Jones, une équipe de journalistes interroge une allégorie, un libraire lit ’Mein Kampf’, on dessine sur les murs. On détruit, on crée.

En 1968, Jean-Luc Godard part en Grande-Bretagne filmer l’enregistrement de Beggar’s Banquet des Rolling Stones. Ces scènes des musiciens au travail créant et répétant la chanson-phare de l’album, Sympathy for the Devil, alternent avec des séquences de « politique fiction » mettant en scène des militants noirs dans une décharge de voitures, un libraire lisant Mein Kampf dans un sex-shop et Anne Wiazemski jouant « Eve Democracy », personnage sacrifié sur l’autel de la révolution.

À propos du film

C’est bien le travail que filme Godard : les Stones sont en studio, ils paraissent d’ailleurs assez studieux, et ils s’adonnent laborieusement, étape par étape, couplet par couplet, piste par piste, prise par prise, au lent et patient processus d’accouchement de “Sympathy for the Devil”. Loin de l’imagerie qui participe du succès des Stones, Godard saisit le groupe à l’arrêt, comme encagé par le studio et le travail, s’autorisant comme seul excès une petite clope de temps à autre. Le filmage lui-même contribue à cette démythification, puisqu’en lieu et place d’une caméra à l’épaule et d’un montage trépidant, on voit exactement le contraire : des plans-séquences longs, lents, voluptueux et sensuels, comme si Godard filmait les ruines de Pompéi ou l’orchestre philharmonique de Berlin. Le résultat est le plus beau document qui soit sur les Stones, captés ici dans leur normalité quotidienne.
Serge Kaganski, Les Inrockuptibles N°544, 02-08/05/2006

« Avec ONE PLUS ONE, c’est la première fois que Godard aborde la musique autrement que comme illustration, accompagnement et soulignement d’un propos à dominante visuelle, dans le style d’Hollywood. Isoler en une série autonome l’espace de la musique restitue au spectateur sa faculté d’auditeur, à la musique la propriété d’être entendue sans le filtre d’un divertissement visuel, au cinéaste la possibilité d’en décomposer les différentes phases de production dans l’arsenal des moyens de la mise en scène. Filmer la musique, c’est en filmer le travail, la fabrication, les répétitions et le temps que ça prend (le rythme), dans un auditorium et non en concert public. »
Yann Lardeau, Les Cahiers du Cinéma, 1982.
 

Générique

Titre

One + One

Réalisateurs

Jean-Luc Godard

Pays

France

Année

1968