M. Zwilling et Mme Zuckerman
Volker Koepp
Allemagne, 1999, 126 min / Couleur

M. Zwilling et Mme Zuckerman, Volker Koepp, Allemagne, 1999, 126’

Synopsis

Dans la ville de Tchernowitz en Ukraine, jadis une métropole de la culture juive, rares sont ceux qui ont survécu à la déportation. Parmi eux, Mathias Zwilling et Rosa Zuckermann. Tous les soirs, Matthias, né vers 1930, rend visite à Rosa, déjà nonagénaire. Ils parlent du passé, de politique et de littérature, des problèmes économiques actuels.

Tchernowitz. Chaque soir, M. Zwilling et Mme Zuckermann se retrouvent pour échanger leurs souvenirs. Ils font partie des derniers juifs de Tchernowitz, une ville ukrainienne qui appartenait à lʼEmpire austro-hongrois jusquʼà la Première Guerre mondiale. Elle fut ensuite roumaine puis soviétique, occupée par les nazis puis à nouveau par les Soviétiques et enfin ukrainienne. La moitié de sa population était juive, qui fut déportée dans les camps en 1941. Deux témoignages pétris d’humour et de tristesse.

À propos du film

« Mathias Zwilling, 70 ans, et son amie Rosa Zuckermann, 90 ans, habitent Czernovitz, à l’ouest de l’Ukraine, tout près de la frontière roumaine. Peut-être devrait-on dire qu’ils « hantent » ce qui fut autrefois un haut lieu de la culture yiddish, dont il ne reste aujourd’hui que des vestiges : la moitié des Juifs ukrainiens périrent dans l’Holocauste. Derniers réceptacles de cette mémoire laminée, monsieur Zwilling et madame Zuckermann s’asseyent l’un près de l’autre, soir après soir, pour brasser les souvenirs, lire le journal, parler sans fin de littérature et de politique. Ils forment un drôle de couple, fragile et captivant, lié par une langue commune, l’allemand : jusqu’en 1918, Czernovitz, ou Tchernovtsy, appartenait à l’Empire austro-hongois. Elle fut ensuite roumaine, soviétique, occupée par les nazis, et enfin ukrainienne. Parti faire un documentaire sur cette ville si particulière et l’un de ses plus illustres natifs, le poète Paul Celan, Volker Koepp rencontra ses « héros » presque par hasard. Sa caméra en est restée sidérée : leur dignité, leur humour, leur tristesse, leur mémoire surtout, devinrent le centre du film. L’appétit de vivre, la vivacité intellectuelle, la force de Rosa Zuckermann, qui perdit toute sa famille en déportation ; la touchante mélancolie de monsieur Zwilling, ses efforts pour que survive une culture juive à Czernovitz : ce témoignage au long cours, capté au plus près, avec tendresse et respect, est remarquable. Déjà diffusé l’an dernier sur Arte à une heure tardive, il mérite une attention renouvelée. D’autant qu’un pan de cette mémoire a déjà disparu : monsieur Zwilling est en effet décédé en août 1999. »
Cécile Mury, Télérama, Mars 2002.

Générique

Titre

M. Zwilling et Mme Zuckerman

Titre original

Herr Zwilling und Frau Zuckermann

Réalisateur

Volker Koepp

Auteur

Barbara Frankenstein
Volker Koepp

Image

Thomas Plenert

Distribution

Documentaire sur grand écran

Pays

Allemagne

Année

1999

N° de visa

102808

Distinctions

Grand Prix au festival Visions du Réel 1999 - Nyon
Programmation Acid, Cannes 2000