Lettre à ma mère
Joële Van Effenterre
France, 2001, 31 min / Couleur, noir et blanc

Lettre à ma mère, Joële Van Effenterre, France, 2001, 31’

Synopsis

« Chère Maman, c’était il y a un an : une belle journée d’été où nous étions presque tous réunis pour fêter vos 75 ans… ce sont les dernières images que j’ai filmées de vous. Aujourd’hui, ces images me poussent à vous écrire cette lettre… » Joële van Effenterre

Chère Maman, c’était il y a un an : une belle journée d’été où nous étions presque tous réunis pour fêter vos 75 ans… Ce sont les dernières images que j’ai filmées de vous. Aujourd’hui, ces images me poussent à vous écrire cette lettre… J’espère que l’intime de notre relation douloureuse, résonnera chez d’autres : filles, fils, mère, père, frère ou sœur… Merci Maman, de m’avoir fait comprendre, que tant que l’on n’a pas accepté d’où l’on vient, il n’y a peut-être pas d’avenir…

"J’ai commencé à vous filmer pour essayer de comprendre de quoi vous souffriez, comme si comprendre allait me délivrer de ma propre souffrance… Je suis sortie du plus obscur de vous, je viens de vos entrailles, et je n’ai jamais réussi à m’en détacher tout à fait… Je vous ai haïe pendant des années, jusqu’à ce que je comprenne qu’en vous haïssant, je me haïssais moi-même, car nous étions faites de la même terre… Je m’étais trompée d’ennemie… " Joëlle van Effenterre

À propos du film

 
"Joëlle Van Éffenterre, réalisatrice et monteuse, revendique “le documentaire comme un cinéma à la première personne, assumé par un je. Un cinéaste dit : “Je vais vous montrer ce que je vois, ce que je pense, essayer de vous interpeller, de vous émouvoir, vous faire découvrir des choses que, peut-être, vous n’avez jamais vues”. C’est parce que le point de vue est d’emblée affirmé, dévoilé, qu’on parle de morale dans le documentaire. Ce qui différencie le documentaire d’un tas de choses avec lesquelles on le confond souvent - le reportage, le magazine -, c’est que dans tout cela, le je est absent”.
Cette démarche, la réalisatrice la met en œuvre de façon émouvante dans Lettre à ma mère (2001), lettre filmée dans laquelle elle évoque de façon posthume leur relation, à partir de photographies, d’entretiens et de films de familles. Tout en opérant sur le registre de l’intime, le film affiche clairement une visée documentaire, ainsi que l’explique la cinéaste. “J’ai vraiment commencé ce film comme un documentaire, même si dans la forme, il s’agit d’un cas extrême puisque j’essaie d’aller jusqu’au bout de ma subjectivité. J’étais en quête de réponses, je voulais comprendre la nature de cette maladie dont souffrait ma mère : la dépression. Que pouvait-elle m’en dire ? Le film possède ainsi deux dimensions. L’une est introspective, et très littéraire : je voulais respecter la forme de la lettre. L’autre est celle de la recherche, qui permet aux spectateurs de s’interroger sur leurs relations avec leurs proches. Car à travers le film, j’ai découvert qu’un grand nombre de personnes avaient dans leur entourage un parent ou un ami souffrant du même mal. Je pense avoir réussi à toucher quelque chose d’universel”.
Extrait de « Le regard documentaire » par David Matarasso
Revue Projections n°5 - Dossier Le documentaire, mai / juin 2003, En ligne sur http://www.passeursdimages.fr

Générique

Titre

Lettre à ma mère

Réalisateur

Joële Van Effenterre

Image

Jean-Marc La Rocca
Joële Van Effenterre

Son

Pierre Befne
Joële Van Effenterre

Montage

Nancy Bouteiller
Joële Van Effenterre

Production

Mallia Films
GREC

Distribution

Documentaire sur grand écran

Pays

France

Année

2001