La Chouette aveugle
Raoul Ruiz
France, Suisse, 1987, 93 min / Couleur

La Chouette aveugle, Raoul Ruiz, France, Suisse, 1987, 93’

Synopsis

Au cours d’un débat, Raoul Ruiz a déclaré : « je n’adapte pas une œuvre littéraire, je l’adopte ». Cette déclaration trouve dans La chouette aveugle une parfaite illustration car cette version du livre de Sadegh Hedayat additionne les transpositions et, dans sa grande liberté, en restitue fidèlement l’essence.

Au cours d’un débat, Raoul Ruiz a déclaré : « je n’adapte pas une œuvre littéraire, je l’adopte." » Cette déclaration trouve dans La chouette aveugle une parfaite illustration car cette version du livre de Sadegh Hedayat additionne les transpositions et, dans sa grande liberté, en restitue fidèlement l’essence.
Avant tout, célébration du rôle fantasmatique du cinéma, le film réitère la complexité du récit, son caractère labyrinthique et comme lui, nous fait perdre pied machiavéliquement.
Ce bijou baroque, fruit de l’imagination flamboyante de Raoul Ruiz, est à déguster plusieurs fois. Hypnose garantie.

À propos du film

« La Chouette aveugle constitue une suite d’éléments formels très divers qui se superposent les uns aux autres sans s’annuler - véritable pyramide inversée - pour aboutir à une apothéose esthétique : c’est à la fois un gigantesque canular et une œuvre existentielle cosmique sur la condition humaine. (…) Jamais fin de film ne fournit une telle succession, une telle simultaneité d’éléments contradictoires pessimisme et jouissance extrême mélangés - ni une acmé aussi envoûtante et extravagante, qui contribue probablement à faire de La Chouette aveugle le plus beau joyau du cinéma français des dix dernières années. »
Luc Moullet, Trafic n°18 Printemps 1996.

« Il y a une scène de ce film où l’on juge de ce que peut l’étranger à une culture lorsqu’il est mû par sa reconnaissance. De ce fait, l’étranger se sent chez lui où qu’il se trouve, quelle que soit la culture qu’il adopte. Tel est le privilège de l’homme de l’expatriation, tout autant chez lui avec Proust ou Giono, qu’en Chine ou en Islam. Il faut être atteint par la souveraineté de l’exil pour oser une telle scène (Un personnage traverse un bazar, il porte sur son dos un coffre qui contient un cadavre, lorsque l’appel à la prière retentit… N.D.L.R) - c’est à dire être loin de toute forme de culpabilité. Or qui est loin de la culpabilité ?
Celui qui n’est pas dans le déni de l’autre et qui partage son savoir n’est pas dans le complexe qu’engendre l’ignorance et le mépris. N’étant pas dans la méconnaissance de l’Islam comme on peut l’être dans bien des milieux intellectuels et artistiques, Ruiz ose quelques impertinences à son égard, et mêmes les plus adéquates des irrévérences. 
En émulation avec Luis Bunuel et ses férocités contre le catholicisme, Ruiz élargit la sphère de l’humour surréaliste ravageur en y intégrant l’Islam. C’est très utile en ces temps de pudibonderie et de tartufferie et de mise à distance des tabous au nom du respect des différences. »
Abdelwahab Meddeb, L’Esprit des Mille et une nuits in Théâtre au cinéma N° 14 2003.

Générique

Titre

La Chouette aveugle

Réalisateurs

Raoul Ruiz

Auteur

Benoït Peeters
Raoul Ruiz

Image

Patrice Cologne

Son

Laurent Barbey
Jean-Paul Buisson

Montage

Rodolfo Wedeles

Distribution

Documentaire sur grand écran

Pays

France, Suisse

Année

1987

Support

16 mm, Beta SP

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