Journal de campagne
Amos Gitaï
France, Israël, 1982, 83 min / Couleur

Journal de campagne, Amos Gitaï, France, Israël, 1982, 83’

Synopsis

Un journal tourné dans les territoires occupés avant et pendant l’invasion du Liban. Amos Gitai y arpente méthodiquement le même triangle de terre, filmant au jour le jour ce qu’il voit, le malaise des soldats israéliens devant la caméra, leur refus d’être filmés, l’état d’esprit des colons, les multiples formes du ressentiment des Palestiniens.

En 1982, avant la guerre du Liban, Amos Gitaï sillonne la Cisjordanie et la bande de Gaza. Il filme de jeunes soldats qui occupent les territoires et recueille les témoignages de Palestiniens opprimés, faisant état de la situation tendue de son pays et des injustices que celui-ci fait peser sur ses voisins arabes : le partage des terres imposé, les expropriations, l’insécurité, l’impudence des nouveaux colons. Gitaï ne cesse de tourner autour, littéralement ; la figure de style la plus employée étant celle de longs et lents travellings en voiture.
Cette vision à la fois insistante et retenue – à bonne distance – nous fait ressentir le malaise éprouvé par les jeunes soldats occupants, malaise qu’ils parviennent difficilement à masquer. Le film fut longtemps banni des écrans par les autorités israéliennes.

À propos du film

«  Le film est composé d’une cinquantaine de plans-séquences conçus comme autant de "capsules" autonomes et pour la plupart réalisés en voiture, comme si celle-ci était le chariot inséparable, le pied roulant de la caméra. La route est ainsi transformée en un interminable travelling tendu à travers les zones occupées, avec des temps d’arrêt, des pauses, des ralentissements, des points forts. Ici, plus que nulle part ailleurs, un travelling est affaire de morale. (…) Nous ne rentrons jamais à l’intérieur de la réalité de la guerre mais restons toujours à la bordure de la scène, sur sa tangente. La caméra glisse constamment sur son sujet sans jamais le pénétrer, l’agresser, comme notre œil sur la surface de l’écran, reproduisant à l’intérieur du film notre situation réelle de spectateurs. (…) D’un plan à l’autre, les opinions ne se recoupent pas mais elles finissent par tracer l’image de la géographie humaine de cette contrée, une image déchirée, prise entre deux pôles antagonistes, sans pour autant se réduire à la seule expression de cette opposition. Quand il est toujours aisé de dénoncer une guerre au risque de se laisser prendre par le spectacle fascinant de l’horreur (…), Journal de Campagne propose une image civile de la guerre qui (…) le met à part dans la production audiovisuelle autant par son contenu que par sa démarche, par la solution qu’il apporte à un problème qui relève autant de l’éthique du cinéaste que de l’esthétique du film.  »
Yann Lardeau, "Une éthique du travelling", Cahiers du cinéma, n°344, février 1983

Générique

Titre

Journal de campagne

Réalisateur

Amos Gitaï

Image

Nurith Aviv

Son

Chaim Malkenberg
Saar Avigur
Thierry Delor

Montage

Sheherazad Saadi

Distribution

Documentaire sur grand écran

Pays

France, Israël

Année

1982