Good News
Ulrich Seidl
Autriche, 1989, 126 min / Couleur

Good News, Ulrich Seidl, Autriche, 1989, 126’

Synopsis

Le titre ironique annonce les intentions de l’auteur. En effet, il ne s’agit pas seulement d’un film sur l’exploitation des vendeurs de journaux, émigrés à Vienne, par le groupe de presse Media Print, propriétaire du grand journal Good News mais d’une mise en perspective de leur situation par rapport à la prospérité de l’autrichien moyen.

Le titre ironique annonce les intentions de l’auteur. En effet, il ne s’agit pas seulement d’un film sur l’exploitation des vendeurs de journaux, émigrés à Vienne, par le groupe de presse Media Print, propriétaire du grand journal Good News mais d’une mise en perspective de leur situation par rapport à la prospérité de l’autrichien moyen. D’où l’introduction de séquences montrant les Viennois dans des occupations dérisoires, “vides de toute nécessité”. D’où l’importance de l’animal dans une société privée de communication et assoiffée d’affectivité. D’où le parti pris de portraits groupés, longs plans fixes qui laissent le temps de décoder toutes les informations fournies par l’image.
Pourtant le film n’est pas manichéen, car l’humanité n’est pas seulement du côté des pauvres, même si manifestement ils ont la sympathie de l’auteur. D’autres aspects de la réalité viennoise surgissent de ce voyage dans la ville : les relations chaleureuses nouées entre les vieux solitaires et les émigrés, la grâce du chant d’une inconnue rencontrée dans la nuit, les amours des habitués des bars. La vie palpite en dépit des cloisonnements sociaux.
Un très beau travail de mise en scène au service d’une vraie réflexion sur notre époque.

À propos du film

"En 1989, avec Good News, vendeurs de journaux, chiens morts et autres Viennois, Seidl fixe à la fois sa méthode et son domaine d’observation. Ses films, dorénavant, fonctionneront toujours comme des récits de vie croisés, chacun d’entre eux arraché à la réalité de la société autrichienne, les intrigues étant strictement indexées à l’observation de cas particuliers. Là, dans Good News, il suit plusieurs vendeurs de journaux pakistanais l’hiver, emmitouflés dans leur tenue jaune siglée d’un énorme K rouge, comme "Keep smiling, Keep selling", leur mot d’ordre, et comme "Kronen Zeitung", le hideux journal à deux sous qu’ils diffusent. Le film intègre les vies de ceux qui ingèrent cette presse décervelante, des vieux, des vieilles, des gras, tous ceux qui, avec une lucidité acerbe, lancent un jour en ouvrant le canard  : "Toujours rien sur nous, on est pourtant en train de crever quand même… " Il visite aussi la table d’opération d’un vétérinaire qui pique les chiens pour les faire mourir davantage qu’il ne semble les soigner. Si bien que le passage des rues froides de la ville à la mosquée où prient les vendeurs pakistanais, du salon de coiffure où on lit la presse à la plaque de métal où agonisent les bêtes, n’est possible qu’à travers une construction à la fois aléatoire et rigoureuse, où les "bonnes nouvelles" font office de fil directeur, celles qui annoncent comment le monde ne va pas bien, comment les hommes vivent et meurent au coin de la rue et dans des guerres aussi lointaines que dépourvues de sens, comment s’achèvent les pauvres existences des chiens écrasés." Antoine de Baecque, Catalogue du Festival International du Film de la Rochelle

Générique

Titre

Good News

Réalisateur

Ulrich Seidl

Image

Hans Selikovsky

Son

Helmut Juncker
Ekkehart Baumung

Montage

Klaudia Ecker
Pierre Zellinger

Distribution

Documentaire sur grand écran

Pays

Autriche

Année

1989

Distinctions

1991 : Cinéma du réel - Paris (France) - Prix des bibliothèques