Enfants des courants d’air
Edouard Luntz
France, 1959, 24 min

Enfants des courants d’air, Edouard Luntz, France, 1959, 24’

Synopsis

La vie des enfants d’un bidonville aux portes de Paris. L’esthétisme des images, la sobriété des dialogues évoquent les films de Vittorio de Sica.

Ce film retrace l’histoire d’un enfant des bidonvilles, située sur une journée, aux portes de Paris. Cette fiction à l’esthétique très travaillée, bénéficiant d’un beau noir et blanc, fait passer le fonds documentaire et les décors au premier plan. Images du bidonville espagnol à Saint-Denis (au Cornillon) et des taudis algériens à Aubervilliers.

À propos du film

La caméra d’Édouard Luntz suit les errances d’un groupe d’enfants d’un bidonville d’Aubervilliers, où les familles s’entassent dans la crasse à l’ombre des tours d’habitat social en construction. Dans ce court-métrage récompensé par le Prix Jean Vigo en 1960, le style caractéristique d’Édouard Luntz est posé  ; : la frontière entre documentaire et fiction est et sera toujours ténue. Certaines actions semblent filmées sur le vif, quand d’autres s’affichent clairement comme minutieusement répétées. L’attention portée par Luntz à la mise en scène du quotidien des enfants des rues évoquent un néoréalisme à la Vittorio De Sica. On croit voir à nouveau le petit Bruno du Voleur de bicyclette\n (1948) ou les jeunes cireurs de chaussures de Sciuscià\n (1946). Autre pays, autre temps, même misère. Dans ce film où les dialogues sont rares, la musique dodécaphonique composée par Eugène Kurtz rend palpable la décadence d’une vie de pauvreté et d’exclusion. Avec empathie et authenticité, Luntz filme longuement ces enfants transformant des terrains vagues semblables à des décharges en terrains de jeux regorgeant de petits trésors pour s’amuser des heures durant. Ils n’ont pas encore dix ans et sont déjà des affreux, sales et méchants, ces petits gamins que l’ennui et la misère pousseront peut-être dans quelques années sur la voie de la délinquance. Et dans un environnement insalubre où la fatigue est grande, la mort n’est jamais loin et emporte les anciens. Mais les gamins du bidonville doivent grandir plus vite que les autres et n’ont pas le temps de sécher leurs larmes…
Carole Milleliri, Critikat

Générique

Titre

Enfants des courants d’air

Réalisateurs

Edouard Luntz

Pays

France

Année

1959

Distinctions

  • Festival de Cannes, Prix Jean Vigo 1960