Du nouveau à Wittstock
Volker Koepp
Allemagne, 1992, 96 min / Noir et blanc

Du nouveau à Wittstock, Volker Koepp, Allemagne, 1992, 96’

Synopsis

Régulièrement, pendant vingt ans, Volker Koepp a rencontré les ouvrières de l’usine textile de Wittstock au nord de la RDA. De leur complicité est né ce document unique, une chronique sensible du milieu ouvrier est-allemand avant et après réunification.

De 1974 à 1984, le cinéaste Volker Koepp est chargé par la DEFA, organisme officiel du cinéma en RDA, de filmer la chronique ouvrière de l’usine textile OBERTRIKOTAGENWERK de Wittstock. Dans le personnel de l’usine, majoritairement féminin, il choisit quatre ouvrières : Renate, Edith, Elsbeth et Stupsi dont il décrit au fil du temps l’évolution professionnelle et les difficultés des conditions de travail.
En 1991, deux ans après la chute du mur de Berlin, il retourne à Wittstock. Déjà, les conséquences de l’unification se font sentir et le chômage frappe. Auparavant, les ouvrières devaient subir en échange de la sécurité de l’emploi, le poids d’une hiérarchie et les incohérences du régime communiste dans l’organisation du travail. À présent elles sont livrées à la dure loi du libéralisme, c’est-à-dire à elles-mêmes. Courageusement, elles font face : chacune à sa manière essaie de se reconvertir, en dépit d’une certaine nostalgie vis-à-vis d’un système qui l’a fait vivre.

"C’est le dernier film de Volker Koepp commandité par la DEFA. Les liens de complicité et de confiance créés par les visites fréquentes du cinéaste à ses quatre personnages donnent au film un ton de liberté et une justesse assez rares dans le documentaire, servis par une réalisation très maîtrisée à la hauteur de l’école cinématographique allemande, héritière d’un passé prestigieux." Catalogue Cinéma du Réel

À propos du film

"Des différents retours du cinéaste, celui-ci est le plus marqué par la « nouveauté » comme le suggère son titre. Et quelle nouveauté ! Rien moins que la fin du communisme. C’est principalement à travers des entretiens avec les trois femmes que ce bouleversement affleure, même si l’on voit de brèves images du retrait soviétique. Comment, à l’échelle individuelle, devenir sujet d’un changement politique qui vous tombe dessus ? Inévitablement, l’ambivalence est grande et les regrets se mêlent au soulagement et au sentiment de vie perdue, gâchée. « Je referais bien deux heures de queue pour des oranges pour peu qu’on me laisse garder mon emploi ! » : Renate résume par l’anecdote un tournant historique. Se tenir au plus près de ces femmes, filmer l’évolution de leurs traits : à l’évidence, Volker Koepp aime ces Mädchen devenues mères, ces ouvrières devenues chômeuses ou femmes de ménage. Avec le style sobre qui le caractérise, ici soutenu par l’emploi de la pellicule Orvo noir et blanc, il se tient au plus près d’une inquiétude que la chute du Mur et l’union monétaire n’ont pas effacée : « On nous a insufflé la peur, dit encore Renate. Et nous l’avons bouclée pendant trente ans. Et on continue à la boucler. La peur subsiste… »."
Extrait du texte de Charlotte Garson, pour Que sont-ils devenus ? Portraits documentaires au fils du temps, Centre Pompidou
Ce film fait suite à Vivre à Wittstock. Voir aussi : Wittstock, Wittstock.

Visuels : Neues aus Wittstock©DEFA-Stiftung/Christian Lehmann

Générique

Titre

Du nouveau à Wittstock

Titre original

Neues aus Wittstock

Réalisateur

Volker Koepp

Image

Christian Lehmann

Son

Ronald Gohlke

Montage

Angelika Arnold

Production

Defa-Stiftung

Distribution

Documentaire sur grand écran

Pays

Allemagne

Année

1992