Dites à mes amis que je suis mort
Nino Kirtadzé
France, 2003, 87 min / Couleur

Dites à mes amis que je suis mort, Nino Kirtadzé, France, 2003, 87’

Synopsis

En Géorgie, pays de quête de la Toison d’Or, les vivants continuent de vivre avec leurs morts. Les cimetières s’improvisent en lieux de rencontres, les morts en devins le temps d’une confidence ou d’un conseil.

En Géorgie, pays de quête de la Toison d’Or, les vivants continuent de vivre avec leurs morts. Les cimetières s’improvisent en lieux de rencontres, les morts en devins le temps d’une confidence ou d’un conseil. Ils ne manquent de rien : téléphone portable et ordinateurs s’inscrivent dans le paysage funéraire comme la chose la plus naturelle du monde.
Dans le discours et dans les actes, le lien entre les morts et les vivants est maintenu, magnifié, mis en scène. Durant l’enterrement, l’événement culminant, les vivants font preuve d’une surenchère ingénieuse et la cérémonie prend les airs d’une Commedia Dell’Arte. Tout y est exubérant, excessif. Les vivants se parent et entrent en scène. Des décors insolites et des portraits de plus en plus gigantesques sont déposés sur les tombes. Les inscriptions vont des épitaphes les plus délirants aux descriptions les plus terre à terre, puis viennent les solos des lamentations et les improvisations spectaculaires des pleureuses.
La famille doit maintenir la tension et par-dessus tout surprendre : tout est fait pour les yeux et les oreilles. On ne sait jamais si ce que l’on voit traduit la douleur intérieure ou s’il s’agit d’une improvisation purement théâtrale.
Ce film, en aucun cas lugubre, est conçu comme un récit surréaliste et pictural aux travers d’une succession de tableaux qui nous racontent l’étrange cohabitation de deux univers : celui du réel et de l’irréel, celui des vivants et des morts.

À propos du film

(…) Le beau film de Kirtadzé avance deux arguments pour un statut hybride du documentaire contemporain. D’une part, la violence douce d’une enveloppe prélevée sur le corps du réel, la ressemblance prise au cinéma de l’image projetée et du fantôme. D’autre part, le travail quotidien de deuil et de préparation des morts, la livraison régulière de cadavres à la télévision, donne l’exmple d’un documentaire sans lieu et sans support fixes, qui déménage chaque fois un bout de terre, du petit au grand écran.
Antoine Thirion - Cahiers du Cinéma / mai 2004

Générique

Titre

Dites à mes amis que je suis mort

Réalisateur

Nino Kirtadzé

Image

Jacek Petrycki

Son

François Waledisch

Montage

Isabel Lorente

Distribution

Documentaire sur grand écran

Pays

France

Année

2003

Distinctions

2004 : FIPA (Festival international de programmes audiovisuels) - Biarritz (France) - FIPA d’Or
2004 : Cinéma du réel - Paris (France) - Prix Louis Marcorelles
2003 : Scam - Paris (France) - Brouillon d’un rêve