Bella e perduta
Pietro Marcello
Italie, 2015, 87 min

Bella e perduta, Pietro Marcello, Italie, 2015, 87’

Synopsis

Tommaso, simple berger, veille jusqu’au jour de sa mort sur un palais abandonné dans la région de Naples. Polichinelle émerge alors des profondeurs du Vésuve pour accomplir sa dernière volonté : prendre soin d’un jeune buffle.

À propos du film

« J’ai appris à regarder l’Italie tout en la contemplant depuis les trains, redécouvrant ainsi sa beauté et sa ruine. J’ai longtemps voulu faire un film itinérant qui traverserait des provinces pour décrire l’Italie : belle, oui mais perdue.
Lorsque je suis tombé sur le Palais Royal de Carditello et sur l’histoire incroyable de Tommaso, (…) j’ai vu une métaphore puissante de ce que je voulais vraiment décrire.(…)
Carditello est le symbole d’une beauté perdue et de la lutte d’un individu. Et en même temps, cette histoire, profondément enracinée dans l’histoire de notre pays, examine un sujet universel : la relation entre l’homme et la nature. »
Pietro Marcello
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Bella e perduta du documentariste italien Pietro Marcello (révélé en 2010 avec la sortie en France de La Bocca del Lupo). Un film éclos du deuil d’un autre projet, emporté en même temps que son protagoniste, Tommaso Cestrone, agriculteur devenu malgré les sommations de la Camorra l’ange gardien et bénévole du palais de Carditello, une ruine sublime de la région napolitaine, en proie aux déprédations et à une infestation par les ordures. Initiée sous les auspices étranges d’une communauté d’individus masqués et rendus à un idiome de grognements animaux, cette chronique d’un dévouement à la splendeur enfuie d’une terre s’amende, après la mort (réelle) de Tommaso dans des circonstances mystérieuses, et adopte alors la forme de l’odyssée d’un bufflon que le défunt avait recueilli, bête douée de paroles baignées de mélancolie, et de son compagnon à forme humaine, une figure de Polichinelle qui entend enrayer la fatalité de l’abattoir. Incandescent de beauté solennelle comme irradiée par le soleil du sud de l’Italie, le film serpente telle une coulée d’images somptueuses, qui sont autant de sédiments de matières élémentaires agrégés par un courant pasolinien entre les rives du réel abîmé et du mythe, de la vie et la mort, de l’allégorie très politique des destinées migratoires et l’extension poétique de la communauté du sensible à tout ce en quoi palpite quelque vie.
Julien Gester (Liberation.fr)

Générique

Titre

Bella e perduta

Réalisateur

Pietro Marcello

Auteur

Maurizio Braucci

Image

Salvatore Landi
Pietro Marcello

Son

Riccardo Spagnol

Montage

Sara Fgaier

Production

Rai Cinema
Avventurosa Films
Instituto Luce Cinecittà

Distribution

Shellac

Pays

Italie

Année

2015