Au nom du Père, de tous, du ciel
Marie-Violaine Brincard
France, 2010, 52 min / Couleur

Au nom du Père, de tous, du ciel, Marie-Violaine Brincard, France, 2010, 52’

Synopsis

Joseph, Joséphine, Léonard, Augustin et Marguerite, tous quatre Hutu, racontent comment, au cœur du génocide rwandais en 1994, ils ont caché des Tutsi et les ont aidés à s’enfuir.

D’avril à juillet 1994, au Rwanda, quelques Hutu résistent à la terreur génocidaire et décident d’accueillir et de sauver des Tutsi. Quinze ans plus tard, malgré des tentatives symboliques de reconnaissance, ils sont toujours marginalisés : traîtres pour certains et tueurs potentiels pour d’autres. Joseph, Joséphine, Léonard, Augustin et Marguerite racontent comment, au péril de leur vie, ils ont caché des Tutsi et les ont aidés à s’enfuir. Leurs paroles résonnent alors dans les lieux où ils ont résisté, des collines de Nyanza aux rives du lac Kivu, rendant ainsi sensible l’humanité dont ils ont fait preuve.

À propos du film

"Écriture minimaliste pour ce film qui revient sur le génocide du Rwanda, quinze ans après, sous un angle particulier, celui des Justes, des Bienfaiteurs ( « Abagizeneza » ). Ils sont quelques Hutu à s’être opposés au bain de sang, à avoir risqué leur vie pour sauver des Tutsi. Cinq d’entre eux relatent leur choix, leurs peurs. Ils racontent des gestes simples, évidents, sauf qu’ils ne l’étaient pas : le film commence sur le récit d’un berger amputé, le genou broyé pour avoir caché un fugitif. La qualité d’Au nom du Père, de tous, du ciel tient à l’unité de son regard, à la rigueur de sa construction en modules autour des personnages. Quelques plans serrés d’abord du cadre de vie, des intérieurs rudimentaires, suivis du témoignage frontal, en plan américain, jamais en gros plan : la solitude de la décision, la vulnérabilité des personnes n’en ressortent que davantage. Puis un plan large de la nature autour, des cuvettes cernées de monts brumeux, une campagne paisible aux sons bucoliques et aux rondeurs trompeuses : la scène de la tragédie. Et un fondu au noir ouvrant sur le témoignage suivant. Mais la transition est biaisée : le personnage de la séquence suivante apparaît fugitivement, muet, avant le fondu au noir. Le film crée ainsi un lien ténu mais persistant entre chacun de ces bienfaiteurs. Cette passerelle est essentielle : elle conjure une blessure qui a atteint la langue même. Jadis les adultes étaient indifféremment des « oncles » et des « tantes » pour les jeunes générations, qu’ils soient Tutsi ou Hutu." Yann Lardeau, Cinéma du Réel

Générique

Titre

Au nom du Père, de tous, du ciel

Réalisateurs

Marie-Violaine Brincard

Auteur

François-Jérôme Brincard

Image

Olivier Dury

Son

Régis Muller

Montage

Anaïs Enshaian

Production

Distribution

Pays

France

Année

2010

N° de visa

128919

Distinctions

2010 : Images en bibliothèques - Paris (France) - Film soutenu par la Commission nationale de sélection des médiathèques
2010 : Cinéma du réel - Paris (France) - Sélection Premiers Films
2010 : Concours Premier Doc - Aux écrans du réel - Le Mans (France) - Prix du Jury