07/05/2024 à 18h30 & 21h | Forum des images, Paris (75),
Doc & Doc
Ardents bruissements du présent ouvrier

Documentaire sur grand écran

« On est dedans, dans la grande usine univers, celle qui respire pour vous » (Leslie Kaplan, L’excès-l’usine (1982). À quarante ans d’intervalle, Jean-Pierre Thorn et Luc Decaster filment avec engagement et acuité l’expiration sonore d’un présent industriel en région parisienne.

À Saint-Ouen en 1979, en pleine occupation de l’usine de transformateurs Alstom, puis à partir de 2017, pendant la fermeture de Semperit à Argenteuil où l’on produisait des bandes de caoutchouc, Jean-Pierre Thorn et Luc Decaster prennent respectivement place dans une usine occupée par ses ouvriers, oreilles aux aguets. Si Le Dos au mur, tirant les enseignements du cinéma militant des années 60, est à l’écoute de l’éloquence ouvrière, pariant sur une union partiellement victorieuse, Le chant des oubliés relate avec une poésie crue la fin d’une ère industrielle. Les machines de production d’antan se voient relayées par d’autres, faisant table rase de toute trace matérielle. En composant cette partition du démantèlement d’une usine, qui se dédouble en l’extinction d’un peuple de travailleurs, Decaster nous donne à entendre les échos profonds d’une mémoire ouvrière, dissolvant tout discours et rythmes machinaux.

Organisateur

Documentaire sur grand écran

Séance (2)


Mardi 07/05/24 à 18h30 | Forum des images, Paris (75)

Le Dos au mur – Six semaines de grèves avec les travailleurs de l’Alsthom Saint-Ouen
THORN Jean-Pierre
France, 2024, 108’
En octobre 1979, les ouvriers de l’Alsthom à Saint-Ouen occupent l’usine, revendiquant de meilleures conditions de travail. Thorn, qui y travailla huit ans, accompagne l’évolution de ce mouvement au plus près, attentif à la mise en voix d’une conscience politique commune.

Mardi 07/05/24 à 21h | Forum des images, Paris (75)

Le Chant des oubliés
Luc Decaster
France, 2022, 64’
Usine Semperit d’Argenteuil. Face au caoutchouc en fusion, des corps s’engagent entre les rouages des machines. Le couperet tombe : délocalisation. Une symphonie s’empare alors du récit : surgit la destruction des machines, des murs… et d’une communauté étonnante.