Du 04/09/2020 au 03/11/2020

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Algérie, s’inventer un cinéma décolonisé
Un cycle conçu en partenariat avec l’association Corsica.doc, la plateforme Tënk, et avec le soutien de la Cinémathèque du documentaire.

Algérie, s’inventer un cinéma décolonisé

Entre la lutte pour l’indépendance et les luttes contemporaines, comment s’inscrit la création cinématographique algérienne ? Et, plus précisément, comment les cinéastes algérien.ne.s tentent de s’approprier l’image de leur pays et de mettre en scène leur histoire immédiate par le cinéma ?

A retrouver en ligne sur Tënk.fr du 4 septembre au 3 novembre 2020.

Organisateur

Documentaire sur grand écran | Tënk | Corsica.doc

Vendredi 04/09/20 à 10h |

La Clôture
Tariq Teguia
Algérie, France, 2002, 23’
À travers le cri de jeunes Algérois vivant dans le renoncement, Haçla (la clôture) tente de donner à voir et à entendre, dans le labyrinthe d’impasses que constituent Alger et ses environs, une société bloquée, refermée sur elle-même, où le cadre de la parole devient le seul espace de liberté individuelle.
Atlal
Djamel Kerkar
Algérie, 2016, 111’
Atlal signifie "ruines" en arabe mais renvoie également à une pratique dans la poésie préislamique qui consiste à se tenir face aux ruines pour en faire resurgir une mémoire. Le réalisateur a posé sa caméra à Ouled Allal, un village totalement déserté en 1996 par ses habitants, théâtre des affrontements entre l’armée et les terroristes.
La bataille d’Alger : un film dans l’histoire
Malek Bensmail
France, 2017, 120’
En 1965, trois ans après l’indépendance de l’Algérie, le cinéaste italien Gillo Pontecorvo entreprend le tournage d’un film reconstituant la bataille d’Alger (1956/1957). Ce film en noir et blanc à l’esthétique inspirée des actualités fait l’effet d’une bombe et rafle en 1966 le Lion d’Or à Venise. Alors qu’en France le film sera interdit de fait jusqu’en 1971, en Algérie il devient mythique, programmé chaque année par la télévision pour la commémoration de l’indépendance. Il est coproduit par la société de Yacef Saadi, un des héros de la lutte de libération devenu producteur et qui joue son propre rôle dans le film de Pontecorvo. Le tournage du film à Alger va servir de leurre pour faire entrer plus discrètement les chars de l’armée de Boumedienne dans la ville lors du coup d’État qui renverse le Président Ben Bella. En 2003, lors des opérations militaires en Irak, le film est montré à des officiers américains comme un exemple de combat réussi contre le terrorisme urbain.
Fragments de rêves
Bahïa Bencheikh-El-Fegoun
Algérie, 2017, 75’
Le film propose un croisement d’entretiens tenus à des acteurs de la société civile algérienne et des images d’archives ayant circulé sur les réseaux sociaux autour des mouvements de contestation depuis 2011. Témoignages exclusifs, paroles directes et fortes exprimant un puissant désir de liberté, de dialogue et de paix. Pour une meilleure connaissance du mouvement social en Algérie, de sa nature et de son fonctionnement au-delà du cliché de casseurs qu’on voudrait bien coller aux manifestants. La projection de ce film aux Rencontres cinématographiques de Bejaïa a été interdite par le ministère de la Culture algérien, en septembre 2018.

Vendredi 04/09/20 à 10h |

Loubia Hamra
Narimane Mari
Algérie, France, 2013, 80’
17 enfants explosent tout ce qui ne bouge pas, inépuisables de gestes et de cris. Héros magnifiques d’une guerre sans écriture: pendant que l’armée française mitraille l’OAS, les enfants pillent l’armée française de l’huile, du chocolat, la semoule, le sucre, et même d’un prisonnier de guerre, condamné à manger un plat de haricots. Mais la guerre rattrape la belle aventure et ensanglante les haricots. Avec la force imaginative et transgressive de l’enfance, ce film dit la fin de l’Algérie Française.
Samir dans la poussière
Mohamed Ouzine
France, Algérie, Qatar, 2015, 61’
Dans une région montagneuse et aride, Samir vit de la contrebande de pétrole. Il transporte la marchandise à dos de mulet de son village algérien à la frontière marocaine. Filmé par son oncle, Samir dévoile peu à peu ses aspirations, son désir d’une vie différente. La résignation l’a emporté et, un peu paradoxalement, par un lien complexe avec la région qui l’a vu grandir, il semble être prisonnier de l’horizon. Dans le portrait de Samir, se reflète en négatif celui du réalisateur Mohamed Ouzine, et son rapport également ambigu, bien qu’opposé, avec ce territoire. Lui vit en France, et revient sur cette terre pour y trouver des réponses, pour comprendre d’où il vient. À la fascination de la caméra pour les paysages répond l’incompréhension de Samir, qui n’y voit que sable et rochers. Entre les deux, se dessine, par des images impressionnistes, une ligne qui mène de l’ombre à la lumière, du trivial au sublime, et peut-être ce qui retient, malgré tout, Samir dans l’infini de ces paysages.