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Déroulement

20 Mars 2012 - 9:00 - 18:00
Le documentaire musical ou filmer l'invisible

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LE DOCUMENTAIRE MUSICAL OU FILMER L’INVISIBLE

 

I – du désir de film :  comment naît- il, se construit- il

…et comment s’en séparer.

C’est un paradoxe de filmer la musique, un art inscrit dans le monde du sonore et non du visuel.

Comment expliquer cet apparent paradoxe ?

Lors de la première partie de mon intervention, j’aimerais aborder les approches du cinéaste pour filmer la musique vivante et développer son point de vue d’auteur dans le domaine particulier qu’est le Documentaire Musical. Comment échapper à l’analyse musicale trop dogmatique par le spécialiste, le critique, celui qui sait ?.

Et aussi comment montrer ou plutôt essayer dévoiler le travail de la création musicale.

L’acte de composition est par définition un acte solitaire qui se prête peu à une mise en image.

Mon film « Ligeti », portrait du grand compositeur Hongrois illustrera ces problématiques.

Dans ma trajectoire, j’ai occupé deux places, celle du monteur pendant 18 ans auprès des grands documentaristes de la télévision des années soixante et soixante dix, puis celle de réalisateur depuis le début des années quatre vingt.

Après avoir désiré, conçu, préparé, tourné un film, s’être confronté au réel et avoir abandonné quelques certitudes, le faire naître ensuite sur la table de montage est un moment magique. Il est aussi désespérant. Finir un film c’est s’en séparer, il vous abandonne. Dans toutes les phases du montage, il est question d’abandon, couper, jeter ce qu’on espérait, ce que l’on croyait juste, abandonner ses désirs.

Pourquoi et comment faire pour accepter de se séparer de séquences qui souvent vous apparaissaient essentielles ?

À travers l’exemple du film « Ligeti », j’aborderai cette question à l’aide de quelques séquences coupées au montage.

II – l’Absence et filmer l’Absent

                                           ou quand une contrainte devient un atout.

Auteur de films musicaux, je suis souvent confronté à l’absence d’éléments – documents – témoignages – situation musicale – qui peuvent s’avérer essentiels à la compréhension du sujet et même à l’atmosphère que je cherche à traduire dans mon film. Cette absence, ce manque est une contrainte qui s’avère souvent bénéfique quand elle oblige le réalisateur à réinventer, créer une séquence qui si elle avait existé (comme une archive, par exemple) n’aurait sans doute été que la captation d’un moment au service banal d’une illustration.

Avec comme exemple le film « Martial Solal, Jazz never end »,consacré à ce jazzman, improvisateur, compositeur de musique de films, dont « À bout de souffle ».

Une autre confrontation à l’absence, celle-là imposée, le portrait d’un compositeur disparu : Maurice Ravel. Avec comme exemple le film  « La passion Boléro » qui permet d’aborder la question de la reconstitution. Est elle légitime ? Dans quelle situation l’utiliser ? Pourrait- on s’en passer ?

Michel Follin

 

Au début des annés 60, stagiaire monteur et chauffeur d’Abel Gance, Michel Follin découvre l’écriture cinématographique, puis devient chef monteur pour la télévision dans les années 70-80 auprès notamment des réalisateurs François Reichenbach,Igor Barrère, Pierre Dumayet, Janine Bazin, André Labarthe…A partir des années 80 il réalise lui-même des documentaires à caractère social comme « Le corps de mon identité » (1982), et traite de grands faits divers, de sujets historiques.Féru de musique depuis toujours il réalise pour la Sept des leçons de musique dont « La leçon de musique de Marek Yanowski ». Le film « Gyôrgi Ligeti » le consacre dans cet art du documentaire de création. Dans « Corps Accords » (2003) il filme pas à pas la création chorégraphique et musicale de Anne Térésa de Keersmaaeker et Thierry de Mey.

Il poursuit son travail autour du portrait de grands musiciens contemporains avec notamment « Pascal Dusapin, l’Etre en musique » (2003), « Solal,Jazz never end (2008).

Dans « La passion Boléro » (2007) il mène l’enquête avec Christian Labrande sur le mythe du Boléro de Ravel. Son dernier film sur « La Symphonie Fantastique de Berlioz réalisé selon le même principe a été diffusé en janvier 2012 sur Arte