Aller au contenu principal

FILM

Wadi I, II, III

"Wadi" (1981), "Wadi 10 ans après" (1991), "Wadi Grand Canyon" (2001)

France
Israël
Italie
Couleur
1981 - 2001, 180 minutes
Dans notre catalogue :
Beta SP

La Trilogie Wadi est composée de trois volets :"Wadi" (1981), "Wadi 10 ans après"(1991), "Wadi Grand Canyon" (2001)

WADI
d'Amos Gitai
Israël / 1981 / 40' / coul.
Wadi est une vallée située à l'est de Haïfa. Ancienne carrière de pierres, c'est une sorte d'enclave où vivent, dans une co-existence fragile, des immigrants juifs d'Europe de l'Est rescapés des camps, mais aussi des Arabes expulsés de chez eux. En 1981, Amos Gitai y filme l'histoire intime de Yussuf et Isha, Iso et Salo, Miriam et Iskander, une famille arabe, une famille juive et un couple mixte, ensemble dans ce lieu isolé et perdu. Choisissant un lieu particulier et l'étudiant en détail, examinant les relations complexes qui composent la vie sociale, il fait de la vallée à la fois un lieu spécifique et le symbole d'une possibilité de coexistence.

WADI, DIX ANS APRÈS
d'Amos Gitai
Israël - France – Grande-Bretagne / 1991 / 97' / coul.
Amos Gitai retourne à Wadi Rushmia pour retrouver, dix ans après son premier Wadi, les habitants juifs et arabes de cette vallée de Haïfa. Les anciens protagonistes sont toujours là, de nouveaux immigrants venus de Russie se sont installés. Les circonstances et les histoires personnelles reflètent le contexte politique et social du pays et de la région, qui s'est détérioré.

WADI GRAND CANYON
d'Amos Gitai
Israël – France – Italie / 2001 / 90' / coul.
Vingt ans après son premier Wadi, Amos Gitai retourne une troisième fois à Wadi Rushmia. Le site est presque complètement détruit par les promoteurs immobiliers. Miriam, dont le corps et l'esprit disent les transformations de cette terre, rend visite à Yussuf et à sa femme, les gardiens du lieu et de son histoire.

« Le cinéma documentaire connaît ce dispositif qui consiste à revenir sur ses pas, filmer le temps qui a passé, enregistrer les traces de ce qui a changé et les marques de ce qui est resté. Gitai lui-même l'a fait, avec "La Maison" et "Une maison à Jérusalem". Mais Wadi, devenu Wadi Grand Canyon avec son troisième épisode, est différent. Parce que la durée est, en Israël, une denrée stratégique, presque un secret militaire. Imaginairement, donc politiquement, tout semble toujours se jouer dans la minute, dans une urgence sans passé ni futur, comme si le "jeune État" était né hier, comme si chaque instant inventait son modèle idéologique - avec comme seuls horizons historiques la geste légendaire du sionisme et l'horizon noir de la Shoah. Mais l'histoire d'Israël est déjà une longue histoire, jour après jour, celle des malheureux qui la subissent. Rien de moins évident, dans un environnement tout entier animé du fantasme du contrôle, de la conquête, de l'initiative qui sans cesse balaie les ennemis innombrables, défait le désert, vainc les malédictions antiques, etc. Enregistrer le temps long, aux côtés de ceux, ni mystiques, ni guerriers, ni pionniers, qui n'ont rien décidé, rien maîtrisé, les non-militants, est dans ce cadre-là le plus radical des pas de côté. Ecouter les mots, les intonations, les changements de langues et d'accents, les silences, capter les postures, les regards, les rides sur les visages et sur la pierre, est un geste d'un courage intense et modeste, et qui engendre la lumière. Faire du cinéma, art du temps et de l'enregistrement, dans cette région du monde où les médias audiovisuels, qui sont le contraire, connaissent leur taux de concentration le plus élevé, devient par nature un travail critique d'une puissance extraordinaire. Avec Wadi, Gitai, qui n'est pas naturellement du genre à se laisser faire, laisse le monde lui montrer le chemin. »
Jean-Michel Frodon, in "Amos Gitai. Israel, Images, Diaspora", A. Tochigi and T. Fujiwara ed., 2003, FilmArt, Tokyo.

Aussi à notre catalogue : Wadi 10 ans après

Distinction(s)

"Wadi"
Berlin International Film Festival / Berlinale 1982
Rotterdam International Film Festival 1982

"Wadi 10 ans après"
Florence : Festival dei popoli 1991 - Prix du meilleur documentaire

1981, 1991 et 2001 : 3 volets d’une même histoire, celle de Wadi, une vallée près de Haïfa où vivent dans une fragile co-existence immigrés juifs d’Europe de l’Est et musulmans expulsés de chez eux. Au fil des ans, Wadi change mais continue à recueillir de nouvelles “couches” d’habitants qui laissent chacun leur trace dans la sédimentation de cette vallée.