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FILM

Hermann Slobbe

L'enfant aveugle n°2

Pays-Bas
Noir et blanc
1966, 29 minutes
Dans notre catalogue :
16 mm
Beta SP
DVD

Johan van der Keuken a réalisé un premier film de 30 minutes dans une institution d’enfants aveugles. Au cours du tournage, il remarque Herman Slobbe auquel il consacre un deuxième film. La forte personnalité d’Hermann se double d’un rapport exceptionnel à la jouissance. Les aveugles apparaissent souvent comme des êtres introvertis, celui-ci s’éclate en permanence que ce soit dans une recherche sonore éperdue ou dans d’autres challenges. En bon cinéaste, Johan van der Keuken intègre la force d’un tel désir : Herman devient le reporter du film, change de rôle, n’est plus objet. Mais un autre sujet - des événements politiques graves - sollicite le cinéaste. Il adresse à Herman "un adieu, charmante petite forme" et passe déjà concrètement aux premières images de son prochain documentaire. Certainement l’un des films les plus forts, les plus justes de Johan van der Keuken.

“L’enfant aveugle n°2” renvoie au néant tout ce qu’il aurait pu être (du docu humanitaire au voyeurisme honteux) et finit par nous donner accès au personnage d’Hermann Slobbe, en tant qu’il existe aussi en dehors du film, avec ses projets, sa dureté, et surtout - c’est là le plus grand scandale - son rapport à la jouissance. Le film finit sur un étrange “chacun pour soi” qui n’a de sens que parce que, pendant vingt minutes de film, chacun a été (tout pour) l’autre au regard du spectateur.
Serge Daney Cahiers du Cinéma , juillet 1978

Ce deuxième film sur les enfants aveugles suit plus particulièrement un jeune garçon. À l’âge de la puberté, Hermann Slobbe doit se débattre avec son environnement pour se frayer un chemin. Herman se saisit du micro ; il devient le reporter du film.