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FILM

Fernand Deligny, à propos d'un film à faire
Réalisateur(s):
Producteur:
Montage:
France
N&B + Couleur
1986 - 1987, 67 minutes
Dans notre catalogue :
16 mm
Beta SP

Après une collaboration avec Fernand Deligny à divers titres et notamment pour ce document exceptionnel sur l’autisme qu’est "Ce gamin-là", il était naturel que Renaud Victor souhaite transmettre la parole de celui qui fut pour lui un père spirituel et nous offrir une trace de cette intelligence au travail. Ce qui frappe dans le monologue éblouissant de cet homme à la trajectoire singulière, c’est l’humilité avec laquelle il avance des hypothèses, l’humilité d’un chercheur pour qui il ne s’agit pas d’imposer des conclusions sur l’autisme mais de nous aider par tâtonnements à nous approcher de la vérité.

L’habitude de tout remettre à plat, de tout reconsidérer, y compris et surtout le langage, fait toute l’originalité de sa pensée. Cette réflexion à voix haute nous mène au coeur du problème : l’image opposée au langage. L’autisme devient une métaphore pour aborder le cinéma : un film qui est une fête de l’esprit.

« De tout son travail sur l’autisme auprès de Fernand Deligny, Renaud Victor garde ses propres questions sur l’enfermement. »    Bruno Muel

Fernand Deligny parle de l’objet de son observation : l’autisme. il en parle comme le chercheur qu’il est, avec des approximations, des interrogations et nous en donne ainsi l’image la plus juste possible. Par touches successives, il nous met aux aguets, avec lui dans une terre inconnue. Il s’adresse au cinéaste Renaud Victor et Renaud Victor nous fait partager son éblouissement : il filme l’intelligence au travail.
nous sommes saisis d’admiration face à l’humilité d’approche, à la subtilité de raisonnement d’un homme qui fait autorité et qui remet inlassablement en question ce qu’une vie de contemplation lui a appris. De manière concentrique, cette réflexion à voix haute nous mène au cœur du problème : l’image opposée au langage. Et l’autisme devient métaphore pour aborder le cinéma. Une manière de rêver au film idéal, fruit du hasard et d’une image qui rejoindrait l’essence première.
Quelle meilleure “trace d’espèce”, pour reprendre les termes de Fernand Deligny, que ce portrait filial, véritable leçon de cinéma, laissée sur nos rives par un cinéaste singulier avant son grand départ !Legs précieux de vérités oubliées, mémoire d’un autre règne, dont il faut saluer la fulgurance.
Simone Vannier

Le dernier essai cinématographique issu de la longue complicité entre Renaud Victor et Fernand Deligny, qui parle de son travail, de ses recherches incessantes sur l’autisme et de sa démarche cinématographique.

Ce film figure dans le(s) Événement(s)