FILM

Durant une année, de Marseille à Charleroi, de Bruay à Genève, à travers des banlieues du bout du monde et des usines en friches, le cinéaste a remonté les lignes de rupture de la civilisation engendrées par des industries condamnées.
De ces paysages incertains des personnages viennent à nous :
- Au premier plan, un jeune homme aux cheveux longs parle de son futur, au loin un terril abandonné ressemble au Fuji-Yama.
- Une sage-femme les yeux baissés se souvient de son passé. Elle regarde la caméra quand elle parle de son présent.
- Dans son usine détruite, un homme raconte sa naissance.
- Une jeune africaine chante à son petit frère “je ferai un rêve lorsque je reviendrai”.
Entre des parents en panne de transmission et des orphelins de sens, résonnent des paroles qui sont des vies.
(...) Ce cinéma est celui de l’après (des idéologies des grands systèmes qui ont permis au monde ouvrier de se penser en tant que mouvement). Il y a un émiettement à l’œuvre ici, une série de visions impressionnistes que Gheerbrant rassemble comme on recolle les morceaux d’un objet brisé.(...)
Jean-Sébastien Chauvin
Les Cahiers du Cinéma - N° 573
Durant une année, de Marseille à Charleroi, de Bruay à Genève, à travers des banlieues du bout du monde et des usines en friches, le cinéaste a remonté les lignes de rupture de la civilisation engendrées par des industries condamnées.

