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FILM

Dans le regard d'une bête
Belgique
Couleur
2011, 73 minutes

Ce film en forme de variations interroge la frontière entre l’homme occidental et les animaux. Dominique Loreau est allée à la rencontre de personnes et d’animaux qui se côtoient dans des élevages, sur le terrain d’une éthologue, dans des abattoirs, dans des zoos et des musées, dans une ville, dans une salle de répétition de danse, lors d’une performance d’un acteur se transformant en animal. Elle filme les regards des animaux sur les humains et ceux des humains sur les animaux. Puis elle filme les regards, parfois furtifs, des animaux sur elle. Des regards qui ouvrent sur d’autres mondes, énigmatiques et qui prouvent que la frontière qui nous sépare est bien perméable…

Quand mon regard croise celui d’un animal, je suis parfois troublée. Je me demande : au fond, quand nous nous regardons l’un l’autre, qui voyons-nous ?
Jusqu’à présent, nous occidentaux avons surtout pensé à notre propre regard sur les animaux : nous les avons jugés, catalogués, étiquetés, hiérarchisés, expliqués, renvoyés à une nature dont nous nous sommes crus les maîtres, définis par leurs manques supposés – et il leur manquerait tant de choses pour nous ressembler ! – mais nous avons oublié qu’ils portaient, eux aussi, un regard sur nous ; un regard qui observe, qui comprend, qui répond et attend une réponse.
Pour les humains, nous disons que le regard est le miroir de l’âme. Qu’en est-il de celui des animaux ?
Dans ce film, j’ai voulu interroger notre rapport au monde animal et questionner – parfois avec humour – la frontière que nous avons érigée entre l’humanité et l’animalité. J’ai filmé des situations où humains et animaux se côtoient ; des visites de musées et de zoos, des élevages industriels, des abattoirs, une éthologue et ses moutons, un acteur qui essaye de se fondre dans un troupeau de vaches, un éleveur et son taureau, des danseuses qui dansent avec des oiseaux…
J’ai filmé les regards des humains sur les animaux et vice-versa. Sous les regards des animaux, notre propre regard se décentre, les évidences volent en éclats, nos discours deviennent incongrus. Nous prenons conscience que notre rapport aux animaux est souvent trouble, ambigu, imprégné d’affectif et de fantasmes, et que les animaux sont des sujets doués de personnalité.
J’ai aussi filmé des regards d’animaux sur moi. Des regards intrigués, non seulement par moi mais aussi par la caméra, des regards pleins d’une curiosité mêlée de crainte et de méfiance, mais parfois aussi pleins de confiance et de complicité… Des regards qui, le temps d’un échange furtif, interpellent, ouvrent à des émotions et à d’autres mondes, énigmatiques. Des gouffres parfois.
J’ai filmé au plus près de la vie et des présences sonores : souffles, bruits de pattes, d’ailes, ronronnement, cris, voix des personnages qui évoquent leur expérience…
Un essai cinématographique, une variation ouverte à la diversité contradictoire du réel, où les fragments de réalité glissent les uns dans les autres, se questionnent, se font écho, mettent en lumière nos paradoxes.

Dominique Loreau

Interview avec Dominique Loreau et Rudi Maerten

Ce film en forme de variations interroge la frontière entre l’homme occidental et les animaux.

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