FILM
The War game

1967, La guerre froide. Peter Watkins imagine que par suite d'incidents à Berlin, l'escalade dans les " ripostes " entre les deux puissances aboutit à une attaque atomique russe sur l'Angleterre. Les milliers de victimes, la ridicule insuffisance des mesures de protection prévues pour les civils, la détresse des survivants, le retour à la barbarie face à la pénurie, tout est montré dans le style des actualités, en s'appuyant sur ce qui s'était passé à Nagasaki et Hiroshima.
«J'ai réalisé La Bombe à une époque où le gouvernement anglais (et la BBC) faisait l'apologie de la force de dissuasion nucléaire. La propagande officielle assurait la population que les mesures prises par la Protection civile en Grande-Bretagne - une farce aux bonnes intentions - permettraient au pays de se relever après une guerre nucléaire totale.
Juste avant de démarrer le tournage du film, j'ai envoyé le scénario au British Home Office, institution gouvernementale en charge du programme de Protection civile. J'avais dans l'idée de leur poser des questions sur la localisation des abris anti-atomiques en Grande-Bretagne. Le British Home Office a appelé la chaîne en état de panique et, dès lors, la BBC a tout fait pour m'empêcher de tourner. Le tournage s'est déroulé au printemps 1965 et les prises de vue ont duré quatre semaines.
Une fois le montage achevé, la BBC a saisi le film pour statuer sur son sort. [...] Avec ce documentaire, je n'ai pas cherché à exagérer l'horreur de la situation. Si La Bombe choque le spectateur, ce n'est pas parce qu'on a eu recours à des effets de terreur, mais parce qu'il voit pour la première fois, avec l'évidence de l'image, ce qu'il ne veut pas voir et ce qu'on ne lui laisse pas voir.»
Peter Watkins
La Bombe est un film exceptionnel, même si certains spécialistes pensent que Peter Watkins est encore en dessous de la vérité.
Le Monde
Quarante ans après sa réalisation, The War Game n’a rien perdu de sa force, pamphlet politique impitoyable, mais également coup de poing salvateur opposé à l’omerta des lobbies pro-nucléaires qui depuis des décennies dictent leur lois aux politiques énergétiques de nos pays.
Olivier Bitoun
Distinction(s)
Festival de Venise 1966 : Prix spécial
Oscar 1967 : Meilleur documentaire
BAFTA 1967 : Meilleur court-métrage
En pleine guerre froide, l’URSS lance une attaque nucléaire sur la Grande-Bretagne. Ce "documentaire d'anticipation" construit à base de pseudo-images d'archives fut interdit de diffusion dans le monde entier jusqu'en 1985 par la BBC qui l’avait commandé.

