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ÉVÉNEMENTS

Jouer / Déjouer l'interdit

La censure à l'épreuve du documentaire

Week-end inaugural les 4, 5, et 6 novembre 2016 au Ciné 104, à Pantin (93)

Une programmation proposée par Documentaire sur grand écran, en partenariat avec Images en bibliothèques, dans le cadre du Mois du Film Documentaire 2016 - 17e édition

Tarif unique 3,50 euros

Cette programmation est reprise partout en France : Circulation - Jouer / Déjouer l'interdit

L'histoire du cinéma documentaire est jalonnée d’aventures filmiques dues aux multiples censures et interdits de par le monde. Censures frontales ou insidieuses qui ont pris divers visages au gré des pays et des époques et qui ont produit un singulier cinéma de résistance. Des origines (du cinéma) à nos jours, de la Chine à la France en passant par l’Iran, nous vous proposons un choix de films qui ont bravé, déjoué ou joué avec les interdits, usant de l’art comme arme de liberté. Usant avec art de la liberté.
Annick Peigné-Giuly, Hélène Coppel

Soirée d'ouverture, Pantin
Avant-première : Entre les frontières
4 Novembre 2016 - 20:00
Ciné 104, PANTIN

En présence de :

Camille LAEMLÉ (Productrice du film "Entre les frontières" )
Itvan KEBADIAN (Graffeur, membre du crew TWE )
Jacques KEBADIAN (Cinéaste )
Fluctuat, de Jacques KEBADIAN
2016, France, 12 minutes, Cin. numérique

Quai de Valmy 18 mai 2016, pendant la manifestation du syndicat de Police place de la République, Lask et Itvan Kebadian (TWE) réalisent un graff sur un mur d'expres- sion libre.

Entre les frontières, de Avi MOGRABI
2016,
France
Israël
, 84 minutes, Cin. numérique

Séance suivie d'un débat avec Camille Laemlé, productrice du film ENTRE LES FRONTIERES

CHA FANG suivi de WELCOME, Paris
5 Novembre 2016 - 15:00 - 18:15

En présence de :

Marie-Pierre DUHAMEL MULLER (Programmatrice, productrice et critique de cinéma )
Cha Fang, de Zhu RIKUN
2013, Chine, 20 minutes, DVD

Venu soutenir un partisan des droits de l’homme à Xinyu, le réalisateur allume discrètement sa caméra quand les policiers viennent "inspecter" la chambre d’hôtel qu’il partage avec ses compagnons.

Welcome, de Zhu RIKUN
2016, Chine, 63 minutes, DVD

Je me suis rendu dans les montagnes du Sichuan afin de récolter des informations pour mon documentaire. J’ai été harcelé par les notables du village, la police, des agents publicitaires et des représentants du bureau de stabilisation. Tous mes clichés et ma documentation ont été effacés, j’ai du repartir dans un véhicule mis à disposition par les autorités.

Séance animée par Marie-Pierre Duhamel Muller, programmatrice, productrice et critique de cinéma

Réservation indispensable : 01 40 26 29 33 ou bibliotheque.cinema@paris.fr

René Vautier et Yann Le Masson, Pantin
Entre la censure et l'oubli, entre la légende et l'histoire
5 Novembre 2016 - 18:00 - 20:00
Ciné 104, PANTIN

En présence de :

Tangui PERRON (Historien et chargé du patrimoine à Périphérie )
J'ai huit ans, de
1961, France, 9 minutes, Beta num

À partir de leurs dessins, des enfants algériens, réfugiés en Tunisie, parlent de leur expérience de la guerre.
Tourné clandestinement pendant la guerre d’Algérie, le film sera interdit par la police et saisi 17 fois. Le visa de censure ne lui sera accordé qu’en 1973.

Le Remords, de René VAUTIER
1975, France, 12 minutes, Cin. numérique

Miroir de l’attitude de nombreux cinéastes français qui s’autocensurent dans les années 60 et 70, Le Remords montre comment un réalisateur justifie le choix de se taire sur les problèmes des immigrés algériens.

Le fort du conquet, de René VAUTIER
1975, France, 7 minutes, Beta SP

Miroir de l’attitude de nombreux cinéastes français qui s’autocensurent dans les années 60 et 70, Le Remords montre comment un réalisateur justifie le choix de se taire sur les problèmes des immigrés algériens.

À propos de... l'autre détail, de René VAUTIER
1985, France, 45 minutes, Cin. numérique

Documentaire monté à partir de témoignages sur la torture de personnes ayant vécu la guerre. Certains témoins ont été torturés par Jean-Marie Le Pen.

En France, pendant les deux premiers tiers du XXème siècle, la censure cinématographique fut essentiellement le prolongement de la répression politique du mouvement ouvrier et des combats anticoloniaux lors d’une guerre froide de « longue durée ». Nombre de courts métrages furent ainsi tournés clandestinement et diffusés clandestinement par des réseaux militants qui participaient pleinement à la vie de ce cinéma parallèle.
Cependant, si cette censure a pesé négativement sur l’ensemble du cinéma français, elle a aussi suscité les ardeurs de plusieurs cinéastes, si ce n’est leur créativité. René Vautier et Yann Le Masson furent de ceux-là. Affronter la censure, libérer le cinéma, donner la parole au peuple, filmer des images qu’on ne voit pas, aborder des sujets qu’on ne traite pas, fut au cœur de leurs combats. Tant sur le plan politique qu’artistique, l’exercice ne semble pas avoir été vain.

Tangui Perron

Abbas Kiarostami ou l'art du contournement, Pantin
Ten
5 Novembre 2016 - 20:15
Ciné 104, PANTIN

En présence de :

Asal BAGHERI (Sémiologue (PHD), Sorbonne-Paris Descartes, spécialiste du cinéma Iranien )
Ten, de Abbas KIAROSTAMI
2002,
États-Unis
France
Iran
, 94 minutes, 35 mm

Dix séquences de la vie émotionnelle de six femmes et les défis qu'elles rencontrent dans une étape particulière de leur vie, qui pourraient aussi bien être dix séquences de la vie émotionnelle d'une seule et unique femme...

Séance animée par Asal Bagheri, sémiologue, enseignante à l'Université Sorbonne Paris Descartes et spécialiste du cinéma iranien

Mal aimé et mal connu dans son pays par le public iranien, jugé apolitique et « trop art et essai », Kiarostami n’a connu le succès véritable en Iran qu’après sa mort, en juillet 2016, lorsqu’un tapis rouge a été déroulé pour accueillir sa dépouille qui arrivait de France, ce pays qui l’admirait tant. Néanmoins, le style minimaliste de Kiarostami, navigant entre documentaire et fiction, utilisant la mise en abyme comme élément signifiant et travaillant avec des acteurs non-professionnels, a fait école en Iran et a donné naissance à un style cinématographique qui lui était propre et lui a permis de briser des tabous de la société iranienne. Après des débuts centrés sur les enfants (1970-1989) puis les hommes (1990-2001), le film « Ten » (2002) marque un tournant dans son œuvre en inaugurant une série de films sur les femmes (2002-2008). A la fin de sa carrière, Kiarostami tourne à l’étranger et zoome sur les relations amoureuses (2010-2016).
Comment, avec une censure aussi forte que la censure iranienne, ce cinéma a-t-il pu traverser les frontières et devenir un des piliers du cinéma d’auteur mondial ?
Asal Bagheri

Conférence illustrée par Arnaud Hée, Pantin
Formes de l'interdit
6 Novembre 2016 - 16:00
Ciné 104, PANTIN

En présence de :

Arnaud HÉE (Rédacteur en chef adjoint de la revue Critikat, critique pour la revue Etudes )
Cha Fang, de Zhu RIKUN
2013, Chine, 20 minutes, Cin. numérique

Venu soutenir un partisan des droits de l’homme à Xinyu, le réalisateur allume discrètement sa caméra quand les policiers viennent "inspecter" la chambre d’hôtel qu’il partage avec ses compagnons.

Conférence illustrée par Arnaud Hée, enseignant et critique de cinéma, membre du comité de sélection du festival Entrevues Belfort
Projection de "Cha Fang" et des extraits de films de Harun Farocki, Andrei Ujica, Hunag Weikai, Marie Voignier, Mehran Tamadon...

Le cinéma documentaire se fonde généralement sur une éthique où figurent la bonne place, la juste distance, la transparence de l'acte filmique, la construction d'une relation entre filmeur(s) et filmé(s). Créer dans un contexte de censure faisant peser l'interdit rebat indéniablement les cartes de cette éthique et, d'une certaine manière, autorise à contrevenir à ces principes éthiques (« Cha Fang » de Zhu Rikun).
La désobéissance peut aussi engager un impensé, un acte non prémédité, lorsque l'on filme pour un pouvoir liberticide. S'il y a bien des cinéastes interdits, il n'existe pas de pays où la prise d'image est absolument interdite ; l'acte cinématographique passe le plus souvent par une négociation avec l'interdit (« Bassidji » et « Iranien » de Mehran Tamadon) pour rendre, malgré tout, le film possible.
L'interdit produit des formes cinématographiques qui peuvent mettre en valeur la technique et les outils – la miniaturisation, les appareils amateurs qui ne sont a priori pas voués à produire du cinéma ("Tourisme international" de Marie Voignier). Il intègre aussi la question de la signature ; l'acte cinématographique peut ainsi passer par le réemploi et le réagencement d'images a priori non subversives (« Disorder » de Huang Weikai) ou tout simplement le choix de l'anonymat (« Fragments d'une révolution »). Il s'agit aussi de réemployer un matériau servile, des images de propagande (« L’autobiographie de Nicolae Ceausescu » d'Andrei Ujica ; « Blockade » et « Revue » de Sergei Loznitsa) dont la signification est déplacée par rapport à son dessein originel.
Arnaud Hée

Soirée de clôture, Pantin
Barfuß und ohne Hut suivi de Das Haus / 1984
6 Novembre 2016 - 18:15
Ciné 104, PANTIN

En présence de :

Thomas HEISE (Cinéaste )
Matthias STEINLE (Maître de conférences, spécialiste du cinéma allemand à l'Université Paris 3 )
Pieds nus et sans chapeau, de Jürgen BÖTTCHER
1964, Allemagne - RDA, 26 minutes, Cin. numérique

Prerow, au bord de la Mer Baltique, Eté 1964.
Un groupe de jeunes en vacances, en jeans (!) et pull-overs négligents, batifolent dans l’eau, écoutent du blues et dansent le twist autour d’un feu de camp. L’évocation de leurs espoirs et de leurs rêves les amène à méditer sur leur quotidien. Un film enjoué, habité par le souffle des sixties.

Das Haus / 1984, de Thomas HEISE
1984, Allemagne - RDA, 53 minutes, DVD

Ce film a été tourné en 1984 au Conseil municipal de l’arrondissement Berlin-Centre en RDA, dans la Maison Berolina, située sur la place Alexandre.

Séance suivie d'un débat avec Thomas Heise et Matthias Steinle
Soirée organisée en partenariat avec le Goethe Institut

FIFI HURLE DE JOIE, Vincennes
12 Novembre 2016 - 16:30
Fifi hurle de joie, de Mitra FARAHANI
2014, Iran, 98 minutes, DVD

Fifi hurle de joie témoigne des deux derniers mois de la vie de Bahman Mohassess, légende de l’art moderne iranien. Ce curieux Diogène contemporain, après un exil volontaire d’une trentaine d’années, s’apprête à réaliser son oeuvre ultime...

A PROPOS DE ... L'AUTRE DÉTAIL suivi de AFRIQUE 50, Paris
19 Novembre 2016 - 15:00 - 18:15

En présence de :

Tangui PERRON (Historien et chargé du patrimoine à Périphérie )
À propos de... l'autre détail, de René VAUTIER
1985, France, 45 minutes, DVD

Documentaire monté à partir de témoignages sur la torture de personnes ayant vécu la guerre. Certains témoins ont été torturés par Jean-Marie Le Pen.

Afrique 50, de René VAUTIER
1950, France, 20 minutes, DVD

Un classique du cinéma militant, brûlot anticolonialiste sur l'Afrique occidentale française.

Séance animée par Tangui Perron, historien, chargé du patrimoine audiovisuel à Périphérie

Réservation indispensable : 01 40 26 29 33 ou bibliotheque.cinema@paris.fr

NO LAND'S SONG - Vincennes
19 Novembre 2016 - 20:00
No land's song, de Ayat NAJAFI
2014,
Allemagne
France
, 90 minutes, Cin. numérique

En Iran, les femmes n’ont plus le droit de chanter en public… Défiant la censure, la compositrice Sara Najafi tente d’y organiser un concert pour des chanteuses
solistes. Parviendront-elles à se retrouver à Téhéran et à ouvrir une porte vers une nouvelle liberté des femmes en Iran ?

CHA FANG suivi de LE REMORDS, Argenteuil
20 Novembre 2016 - 18:00 - 18:15

En présence de :

Asal BAGHERI (Sémiologue (PHD), Sorbonne-Paris Descartes, spécialiste du cinéma Iranien )
Cha Fang, de Zhu RIKUN
2013, Chine, 20 minutes, Cin. numérique

Venu soutenir un partisan des droits de l’homme à Xinyu, le réalisateur allume discrètement sa caméra quand les policiers viennent "inspecter" la chambre d’hôtel qu’il partage avec ses compagnons.

Le Remords, de René VAUTIER
1975, France, 12 minutes, Cin. numérique

Miroir de l’attitude de nombreux cinéastes français qui s’autocensurent dans les années 60 et 70, Le Remords montre comment un réalisateur justifie le choix de se taire sur les problèmes des immigrés algériens.

Séance animée par Asal Bagheri, sémiologue, enseignante à l’Université Sorbonne Paris Descartes et spécialiste du cinéma iranien

CLOSE-UP, Argenteuil
20 Novembre 2016 - 20:15

En présence de :

Asal BAGHERI (Sémiologue (PHD), Sorbonne-Paris Descartes, spécialiste du cinéma Iranien )
Close-up, de Abbas KIAROSTAMI
1991, France, 94 minutes, Cin. numérique

Cinéphile obsessionnel et sans emploi, Hossein Sabzian ne peut résister à la tentation de se faire passer pour le célèbre cinéaste Mohsen Makhmalbaf à qui il ressemble, afin de s’attirer les faveurs d’une famille iranienne bourgeoise.

Séance animée par Asal Bagheri, sémiologue, enseignante à l’Université Sorbonne Paris Descartes et spécialiste du cinéma iranien

Pour une insurrection médiatique, Paris
22 Novembre 2016 - 20:00

En présence de :

Federico ROSSIN (Critique, historien du cinéma )
Ćwiczenia warsztatowe, de Marcel LOZINSKI
1984, Pologne, 12 minutes, DVD

Une équipe de tournage réalise un documentaire et interroge des passants de tous âges sur ce qu'ils pensent des jeunes d'aujourd'hui.

Genet parle d'Angela Davis, de Carole ROUSSOPOULOS
1970, France, 8 minutes, DVD

Au lendemain de l’arrestation d’Angela Davis (octobre1970), Jean Genet lit un texte de dénonciation de la politique raciste des États-Unis, de soutien au parti des Black Panthers et à Angela Davis pour une émission de télévision qui sera totalement censurée.

La Bombe, de Peter WATKINS
1966, Royaume-Uni, 50 minutes, DVD

En pleine guerre froide, l’URSS lance une attaque nucléaire sur la Grande-Bretagne. Ce "documentaire d'anticipation" construit à base de pseudo-images d'archives fut interdit de diffusion dans le monde entier jusqu'en 1985 par la BBC qui l’avait commandé.

Séance animée par Federico Rossin, critique et historien de cinéma

Pour une insurrection médiatique

“La télévision c'est l'occupation, c'est ce qui sert d'occupation aux gens, c'est l'occupation américaine, c'est l'occupation du temps d'antenne... c'est des sondages, c'est des Top 50... ça empêche les gens de sentir le vide.”
Serge Daney in "Sous le vent" (1991) de Robert Kramer

Trois films fondamentaux pour comprendre le rapport entre le documentaire politique et les médias. En donnant suite au paradigme exemplaire de Peter Watkins, THE WAR GAME – qui avait acculé la BBC, son langage codifié, son conformisme pro-OTAN, sa représentation simpliste du monde –, Carole Roussopoulos et Marcel Łoziński déconstruisent morceau après morceau la machine télévisuelle, en démasquent la violence, en exaspèrent la rhétorique, en détruisent les réflexes. Trois chefs-d'oeuvre censurés, par-delà et en deçà du rideau de fer. Trois actes de résistance et d'insurrection médiatique.
Federico Rossin

LA BOMBE, Paris
26 Novembre 2016 - 15:00 - 18:15

En présence de :

Federico ROSSIN (Critique, historien du cinéma )
La Bombe, de Peter WATKINS
1966, Royaume-Uni, 50 minutes, DVD

En pleine guerre froide, l’URSS lance une attaque nucléaire sur la Grande-Bretagne. Ce "documentaire d'anticipation" construit à base de pseudo-images d'archives fut interdit de diffusion dans le monde entier jusqu'en 1985 par la BBC qui l’avait commandé.

Séance animée par Federico Rossin, critique et historien du cinéma

Réservation indispensable : 01 40 26 29 33 ou bibliotheque.cinema@paris.fr

CECI N'EST PAS UN FILM, Vincennes
26 Novembre 2016 - 16:30
Ceci n'est pas un film, de
2011, Iran, 75 minutes, DVD

Un jour de la vie du réalisateur iranien Jafar Panahi, avant la fête du nouvel an iranien (Noruz). Condamné à 6 ans de prison et à 20 ans d’interdiction de travailler le cinéaste est parvenu dans "Ceci n’est pas un film" à détourner sa condamnation à mort professionnelle et a réalisé une œuvre sur sa propre situation.

Mois du film documentaire

En collaboration avec Images en bibliothèque, coordinateur national du Mois du film documentaire, DSGE prépare chaque année une manifestation nationale phare. Elle se compose de modules de programmation à destination des participants au Mois du film documentaire.
DSGE propose aussi, comme tout au long de l'année, des outils de proposition et d’inspiration pour ceux qui souhaitent programmer du cinéma documentaire.

Document(s)

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Documentaire sur grand écran
52 avenue de Flandre
75019 Paris

Tél : + 33 (0)1 40 38 04 00