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ÉVÉNEMENTS

Doc & Doc - Mars 2013

Leonardo Di Costanzo, jusqu'à la fiction

Documentaire sur grand écran et le Forum des images
présentent

Mardi 12 mars 2013 19h - 21h

En présence de

Documentaire sur grand écran propose un focus sur le cinéma de Leonardo Di Costanzo, en sa présence. Par un patient travail d’observation de son voisinage napolitain, le cinéaste italien réalise des films qui pulvérisent en finesse les clichés accolés à son territoire.
La théâtralité sublime et dérisoire de ce peuple habite ses documentaires, elle est la matière même de son dernier film, L’Intervallo, une fiction. C’est ce cheminement du cinéaste que nous suivrons, depuis son précédent film, Cadenza d’Inganno, un jeu de chat et de souris entre le filmeur et un adolescent napolitain. Une sorte de rite de passage avant son film de fiction, L’Intervallo, montré en avant-première en deuxième partie de soirée.

Annick Peigné-Giuly, Hélène Coppel
Documentaire sur grand écran

ARTICLE DE FLEUR CHEVALIER POUR : http://www.iletaitunefoislecinema.com

Ce mois-ci, en prévision de la sortie prochaine de L’Intervallo (2011) de Leonardo Di Costanzo, présenté l’an dernier à la Mostra de Venise, le Doc & Doc de Documentaire sur grand écran se concentre sur le travail d’un cinéaste - ange - gardien, tout entier dévoué à l’espionnage attentif de ses voisins napolitains, et en particulier ici, de leurs enfants.

« C’était un monde sans adultes, en apparence. Ou alors, ils ne jouaient qu’un rôle marginal. En apparence. Ou bien c’était un monde sans enfants, dans lequel même les enfants étaient des adultes… » (Cadenza d’Inganno, 2011)

… Un monde où les adultes sont convoqués chez la maîtresse pour se faire remonter les bretelles, au même titre que leur morveux, livré à lui-même une fois délesté de son cartable. Un monde où, quand on soulève une couette dans un logis miteux, on trouve autant d’enfants ensommeillés que dans un nid de souris effarouchées. Un monde où les gamins jouent au parc à se mordiller comme des jeunes chiens. Tous ces mondes sont celui d’Antonio, 12 ans, un monde, où, « passé midi, il ne faut pas raconter ses rêves », de peur qu’ils se réalisent.

Passé minuit, le crâne d’Antonio résonne de faits divers. Ses nuits houleuses sont bercées de crimes sanglants. Le jour, il sèche l’école pour traîner comme un clochard dans les rues de Naples. Antonio n’aime pas l’école, il n’aime pas écrire. Il n’aime pas qu’on lui donne des ordres. Il n’aime pas davantage que l’homme à la caméra le suive partout, et un jour, Antonio séchera aussi le film. Huit ans plus tard, il invitera toutefois Leonardo Di Costanzo à son mariage. Le film attendait sa fin, Antonio la lui a donnée. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ? Il vécut, néanmoins, et n’alla pas en prison, ce qui explique peut-être le soulagement du réalisateur, pourtant contraint de s’écarter devant les poses figées et les sourires gelés réclamés par l’encombrant photographe de la cérémonie.

Têtu, Costanzo reste convaincu que le happy end tyrannique imposé par Antonio s’affirme comme un acte de résistance contre sa propre position de réalisateur, dont la bienveillante humilité contraste finalement avec notre frustration despotique de spectateurs si prompts à juger. Et qui sommes-nous après tout pour évaluer la qualité d’un choix (aussi hollywoodien soit-il), ou même d’une vie ? Dans Cadenza d’Inganno, Costanzo veille imperturbablement sur ses rejetons, imperméable à toutes forces extérieures, tout comme dans L’Intervallo (2012), où il a dégagé, au cœur d’une sale banlieue de Naples, un véritable espace refuge pour ses protagonistes, Veronica et Salvatore.

Grand timide aux yeux doux, expert en oiseaux, Salvatore s’apprêtait à vendre ses limonades lorsqu’il fut réquisitionné par le caïd du coin pour surveiller la sauvage Veronica, qui avait mis sa tenue la plus sexy, pensant rencontrer son petit ami. Tous deux retenus dans un immeuble en ruines, les deux adolescents investissent le lieu, devenu étrangement hospitalier, tour à tour transformé par le réalisateur en un jardin d’Éden, en maison hantée, en terrain de jeux, voire en décor de reality show lorsque Veronica se met à jouer à Koh-Lanta, comme pour rappeler la précarité de cette fiction, trop vite rattrapée par la réalité - encore une fois, celle du fait divers, des crimes ordinaires de la camorra. Les vrais monstres rôdent alentours… Comme on agiterait un encensoir, pour les repousser, Veronica et Salvatore se racontent des histoires d’épouvante, mais aucune n’effraie plus que la vérité. Cette fois, pas de fin, ni de mariage imposés à ce répit, de trop courte durée. Pris en otages avec eux, nous sommes forcés de faire connaissance, puis de les relâcher, et de les laisser vivre, comme Costanzo l’avait fait avec Antonio… Tout en gardant, peut-être, un œil sur le quartier ?

Doc & Doc - Mars 2013
12 Mars 2013 - 19:00

En présence de :

Cadenza d'Inganno, de Leonardo DI COSTANZO
2011,
France
Italie
, 55 minutes, Beta SP

Tout commence par une envie de film… un film sur les adolescents napolitains. Lors de repérages en 2000, je décidais de suivre Antonio, 12 ans, qui vivait dans le "quartier espagnol" dans le centre de Naples.

Séance suivie d'une rencontre avec le réalisateur

Doc & Doc - Mars 2013
Avant-première
12 Mars 2013 - 21:00

En présence de :

L'Intervallo, de Leonardo DI COSTANZO
2012,
France
Italie
Suisse
, 90 minutes, DCP

Naples. Une jeune fille et un jeune garçon sont enfermés dans un immense bâtiment abandonné. Elle, Veronica, a offensé le boss de la Camorra locale, qui l’a enfermée dans ce lieu fantomatique. Lui, Salvatore, n’a rien à voir avec la Camorra, mais celle-ci l’a obligé à la surveiller.

Avant-première suivie d'une rencontre avec le réalisateur

Bande annonce "L'intervallo"
Voir la vidéo
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