ÉVÉNEMENTS
16 films possession / chamanisme / extase /exorcisme /électro
Documentaire sur grand écran et la SACEM
présentent
au Cinéma la Clef
Du 23 au 26 juin 2011
Les hommes et les dieux n’ont jamais interrompu leur dialogue. Ce pourrait être la conclusion de cette étrange programmation à la fois éclectique et très resserrée sur la transe. Réprimée, refoulée dans nos sociétés occidentales, la transe ressurgit sur des territoires insolites. Phénomène protéiforme (extase, possession, chamanisme …), il apparaît subrepticement dans la musique, la danse, le théâtre ou le rituel religieux. Chassez le surnaturel, il revient au galop ! Nombre de cinéastes ont voulu relever ce défi d’inscrire, de filmer, cet étrange rapport au monde qui est d’abord un voyage intérieur. Jean Rouch évidemment, dont un documentaire rare, Horendi, filme les hommes qui se font chevaux pour parler avec les dieux. Raymonde Carasco, immergée dans les rites et peintures des indiens Tarahumaras. Gian Franco Mingozzi recueillant les derniers soubresauts de la taranta, rite d’exorcisme contre la piqure de la tarantule en Italie. José Agrippino de Paula qui retrouve la tradition du candomblé brésilien au Togo. La cinéaste expérimentale Maya Deren qui découvre dans les cultes haïtiens la chorégraphie rêvée pour sa caméra. Chacun de ces cinéastes a posé un regard d’intelligence intime avec ce qui se passait sous leurs yeux. Y reconnaissant une « surnature » humaine familière aux poètes, aux musiciens ou aux acteurs. Ces approches de la transe qui toutes, débordent un cinéma ethnologique, appellent d’autres films, plus récents, qui mêlent eux aussi des formes appartenant à des époques et des cultures différentes. L’hystérie rock dans Black & white trypps#3 de Ben Russell, la foule planante de Woodstock de Michael Wadleigh, la cérémonie électro de Between the devil and the Wide Blue Sea, de Romuald Karmakar, l’enivrant pas de deux caméra-danseuse du Violin Fase d’Eric Pauwels, le foisonnant Parvis Beaubourg de Teo Hernandez… Dans le rapprochement voulu de ces films quelque chose d’indicible se dit. L’indicible de l’humanité.
Annick Peigné-Giuly
Pendant le concert du groupe noise Ligntning Bolt, Ben Russell braque son projecteur et sa caméra sur les visages extatiques d'un public rock du XXIe siècle.
A Niamey, pendant sept jours se déroule le "Horendi", danses de possession au cours desquelles se recrutent les "chevaux des génies" qui véhiculeront le discours des dieux.
Séance suivie d'un débat avec Gilbert Rouget, ethnomusicologue, proche collaborateur de Jean Rouch et Brice Ahounou, journaliste, anthropologue.
On dit que c'est la douleur d'une piqure de tarentule que les paysannes de la région des Pouilles, en Italie, tentent d'exorciser par cette chorégraphie convulsive accompagnée de violons stridents et du regard empathique de toute une communauté.
Suivant elle aussi les mouvements de la taranta, Mireille Perrier développe ici l'explication de ce phénomène social et ethnographique qui lie l'Europe à l'Afrique.
Séance suivie d'un débat avec Mireille Perrier et Laurent Roth
A l'occasion des fêtes de la Semaine Sainte, les Indiens Tarahumaras du Mexique retrouvent et réinventent des rites antérieurs au christianisme, danses d'hommes aux corps peints.
Sur les textes d'Antonin Artaud, ce film dévoile la préparation des mises en scène de la Passion dans le village de Norogachic, au Mexique, pendant les fêtes de Pâques. Les rites initiatiques, secrets, de deux Pascoleros, filmés pour la première fois, constituent le centre de ce document.
Séance suivie d'un débat avec Régis Hébraud (image, son, montage) et Nicole Brenez, Professeur en cinéma, auteur de : Cinémas d'avant-garde (Ed. Cahiers du Cinéma / les petits cahiers 2007)
Le film fut tourné au cours du festival de Woodstock qui eut lieu du 15 au 18 août 1969. Il est autant une captation d'une partie des concerts qu'un documentaire sur l'événement, sur la musique de l'époque, et surtout un témoignage sur le mouvement contestataire de la fin des années 1960.
En présence de :
La singularité de ce film réside dans le regard du cinéaste sur les rites chamaniques maya et la tradition des Huicholes. un regard qui n'est pas celui d'une personne extérieure, mais le regard d'un cinéaste lui-même emporté par le rite.
Filmée comme une fabrique, une cérémonie ou un drame, à Ibiza ou à Berlin, la musique électronique des Alter Ego, Cobra Killer ou Fixmer/McCarthy dévoile ses règles, ses inventions, ses relations avec son public. Le cinéma les fait entendre et comprendre.
Séance suivie d'un débat avec Philippe Azoury, critique de cinéma, journaliste à Libération
En présence de :
José Agrippino de Paula est remonté aux sources du candomblé pratiqué au Brésil, en allant filmer des cérémonies au Togo et au Dahomey.
Trois cultes haïtiens avaient été filmés par la cinéaste expérimentale Maya Deren en 1951. Elle avait également publié un livre sur ces "Divine Horsemen" en 1953. Les images de la bande son furent montés par Teiji et Cherel Ito entre 1973 et 1977, qui réalisèrent ce film.
Séance suivie d'un débat avec Sébastien Ronceray, co-fondateur de Braquage, auteur de nombreux articles sur le cinéma expérimental
Fidèles à leur culture de nomade, les Baloutches errent dans les zones frontalières de l'Afghanistan : ethnies macranies noires de la côte et derviches des montagnes, chez qui demeure une tradition d'exorcisme par la transe.
Une plongée visuelle et sonore dans l'univers magico-religieux des Gnawa du Maroc - avec rituels sacrificiels et rituels de possession - pour un film de transe.
Séance suivie d'un débat avec Yves Billon et Olivier Dekegel
La chorégraphie préexiste au film, que saisit au vol le cinéaste. Quatre prises ininterrompues : pendant que la danseuse tourbillonne sans arrêt, le cinéaste recharge sa cassette super-8. Un solo en deux mouvements, danse et caméra.
"...Ce film résulte de la rencontre, de la confrontation, puis de l'accord presque miraculeux entre la caméra légère et violente de Téo HERNANDEZ et le danseur-chorégraphe Bernardo Montet en pleine improvisation..." Dominique Noguez
Film expérimental tourné en super 8.
Des images de l'animation du parvis de Beaubourg (4e) sont rythmées par la musique des artistes qui s'y produisent.
Séance suivie d'un débat avec Eric Pauwels, Michel Nedjar, artiste plasticien, cinéaste et Christian Lebrat, directeur des Editions Paris Expérimental, auteur de Cinéma Radical (Ed. Paris Expérimental, 2008)
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