Cinéaste
Depuis une quinzaine d’années, François Caillat réalise des essais, à la frontière du documentaire et de la fiction. Il s’intéresse à l’absence, aux traces, à la mémoire. Ses films sont tournés en pleine nature ou au cœur de la ville. Ils mettent en scène des lieux marqués par le souvenir ou porteurs d’un improbable passé. Il a réalisé plusieurs long-métrages pour la télévision (Arte), dont : La Quatrième génération (1997), histoire de sa propre famille ; Trois Soldats allemands (2001), enquête romanesque sur un disparu de la guerre de 1940 ; L’Affaire Valérie (2004), réflexion sur le souvenir d’un fait divers. Il a aussi tourné deux long-métrages pour le cinéma : Bienvenue à Bataville, fable sur le bonheur obligatoire au XXème siècle (sorti en salles en 2008) ; et son dernier film : Une Jeunesse amoureuse (2012, inédit), récit d’éducation sentimentale dans le Paris des années 1970. Sa formation universitaire (agrégé de philosophie) l’a mené parfois à traiter de sujets plus théoriques, par exemple les sciences cognitives et la psychanalyse dans L’Homme qui écoute (1998) et Naissance de la parole (2000) ; ou à réaliser des portraits d’intellectuels et d’écrivains : Peter Sloterdijk, un philosophe allemand (2003), Julia Kristeva, étrange étrangère (2005), et J.M.G. Le Clézio, entre les mondes (2008). (Ces films ont été réalisés pour la télévision, Arte et France Télévision). Cette formation lui a donné aussi le goût de participer à des colloques et séminaires et de transmettre son expérience au public. Il intervient souvent auprès d’étudiants, de cinéastes, et de médiateurs culturels, à qui il propose une expertise de films ou une sensibilisation au cinéma documentaire. Il a ainsi collaboré régulièrement à l’Atelier Documentaire de la Femis (accompagnement de projets d’élèves, depuis l’écriture jusqu’à la réalisation), aux formations de “Images en Bibliothèques” (initiation des bibliothécaires au fonds documentaires), aux Ateliers Documentaires de “Documentaire sur Grand Ecran” (formation auprès d’exploitants et de coordinateurs de réseaux), aux séminaires de la Fondation Patrick Sandrin à Sofia (colloques sur l’image documentaire, sur le son, etc.), à des rencontres en Régions autour de ses films et des problématiques documentaires. Son concours est sollicité parce qu’il peut évoquer à la fois son activité de cinéaste et sa bonne connaissance du milieu du cinéma documentaire : il est membre de plusieurs associations de réalisateurs : Addoc (dont il a été président), Gulliver (qu’il a co-fondée), Acid, etc. ; il participe régulièrement à des commissions d’attribution de subventions (actuellement, à la CUS/Région Alsace), à des jurys d’examens (concours d’entrée de la Femis), à des jurys de festivals (Cinéma du Réel en 2011). Il a fondé et dirige la collection Cinéma Documentaire, éditée chez L’Harmattan. Les ouvrages parus dans cette collection réunissent débats, textes critiques et scénarios. Ils ont pour titres : « Filmer le passé », « La Police des images », « Comment anticiper le réel », « Le style ». Le plus récent, sorti en mai 2012, porte sur « Le Temps dans le cinéma documentaire ». Sous le titre François Caillat, un cinéma hanté, l’Institut Français (Ministère des Affaires Etrangères) lui a consacré une petite rétrospective, initiée à la fin 2011, avec l’édition trilingue de plusieurs de ses films et l’édition d’un catalogue.
